Comme je m'y étais engagé, je vous adresse les réflexions que m'inspire les premiers mouvements de votre reconstitution de la bataille d'Arnofen.
Il y a de cela plusieurs année l'Helvète (Xavérus) s'était ouvert sur le forum de la difficulté d'employer sa cavalerie dans les batailles révolution-empire. Il en arrivait au constat amer que ces cavaliers étaient relégués au triste rôle de « charognards » guettant qu'une unité, quelque soit son arme, ait subi une telle attrition qu'elle devienne une cible sinon facile du moins possible pour celle-ci.
Napoléon avait pourtant dit que la cavalerie était bonne à employer avant la bataille, pendant la bataille et après le bataille. Si les premières et dernières occurrences ne se discutent pas, la question se pose s'agissant de l'emploi de la cavalerie durant la bataille elle-même.
Certes la France, imités en cela par d'autres, s'est dotée d'une cavalerie lourde casquée et cuirassée pour disposer dune masse de rupture. Ces régiments sont d'ailleurs précieusement conservés durant toute la campagne pour n'être engagée qu'au moment propice lors de la bataille que Napoléon souhaite décisive mais son emploi ne garantie pas toujours le succès.
En témoigne la bataille de Preussisch-Eylau où la charge des 80 escadrons de la réserve de cavalerie du grand duc de Berg et Clèves permet de rétablir une situation un moment compromise sans pour autant décider de la victoire. La tempête de neige qui a égaré le VII° corps du maréchal Augereau a sans doute gêné le rechargement des fusils et contribué à ce que les fantassins russes ne puissent endiguer la charge de Murat. Le fait que ces mêmes russes soient restés en lignes a aussi contribué au succès du mouvement.
A l'inverse les charges de Ney lors de la bataille de Waterloo sur des carrés formés par des fantassins disposant de leurs excellents fusils Brown Bess ne parvint à briser aucun d'entre eux.
Le sucés deux jours plus tôt à Quatre Bras des cavaliers de Piré tient beaucoup à la présence au sein de sa division de deux régiments de chevau-légers lanciers seuls capables de s'en prendre directement aux fantassins formés en carré.
De même le succès de la brigade de dragons lourds de la KGL lors du combat de Garcia Hernandez s'explique par une circonstance tout à fait particulière. Le capitaine Von der Deken et sa monture touchés à morts en abordant le carré du 76° de ligne firent encore deux foulérs avant de s'écrouler sur les trois rangs du carré créant momentanément une brèche dans laquelle quelques cavaliers hanovriens s'engouffrèrent.
Ainsi comme le constatais amèrement Xaviérus face à un carré formé, la cavalerie n'a guère de chance. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle chaque division de cavalerie lourde française était dotée d'une batterie d'artillerie à cheval destinée à tirer à faible distance boulets et boite à mitraille. Encore fallait-il qu'elle puisse s'approcher suffisamment près et prendre en enfilade les fantassins sans être prise elle-même pour cible par d'autres unités d'artillerie d'infanterie ou de cavalerie ennemies.
Face à ce constat deux solutions nous sont offertes.
- La première consiste à suivre des règles surévaluant la valeur des unités de cavalerie (et c'est je crois l'un des reproches faites à la règle « Les Aigles »), mais alors qu'en est-il de l'historicité de celle-ci ?
- La seconde nous conduit à jouer la phase préalable à la bataille, c'est à dire les reconnaissances précédant la concentration des forces et leur apparition sur la table de jeu, moment où la cavalerie et particulièrement la cavalerie légère retrouve toute sa place.
Je constate avec plaisir que vous avez opté pour cette dernière solution. Afin de pouvoir déployer et employer ma très nombreuse cavalerie légère, j'ai fais un choix un peu similaire en positionnant d'emblée et à proximité l'une de l'autre mes cavaleries légères belligérantes afin qu'elles puissent se combattre. Les autres unités (infanterie, artillerie, cavalerie lourde et de ligne) n'entrent que dans un second temps et par un système aléatoire qui produit un échelonnement des forces, et retarde d'autant plus les affrontements, que chaque armée pénètre de part et d'autre d'une table employée dans sa longueur. D'autres artifices comme la présence d'un cours d'eau non guéable franchissable par un nombre limité de ponts contribuent également à ce résultat.
Ce choix impose bien sur de disposer d'une table suffisamment longue mais il correspond à mon goût pour les batailles de rencontre. A mon sens elles représentent la plupart des combats en début de campagne. Par ailleurs elles n'engagent que des effectifs raisonnables. Enfin l'arrivée aléatoire de renforts ajoute une incertitude qui remplace le brouillard de guerre et entraîne souvent un changement de rapport de forces propre a susciter la réflexion des stratèges de salon que nous sommes devenus.
P.S. J'avais cru comprendre que vous même et votre fils deviez engager les hostilités à Pâques (ou à la Trinité à la manière du duc de Malborough) . J'ai bien compris que la réalisation de l'artillerie bavaroise avait pris quelques retards. J'espère du moins que votre fils ne s'est pas trop attardé au Saloon du « Mexicain qui dort » retenu par par une serveuse accorte ou une aguichante danseuse et qu'il rejoindra bientôt sa nouvelle affectation ?