Les Saxons à Leipzig

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clisson
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Les Saxons à Leipzig

Messagepar clisson » Dim Déc 10, 2017 5:51 pm

Old glory à une très belle gamme de saxon
Un français qui passe du côté des saxons qui les on trahis plusieurs fois je trouve cela curieux

Pourquoi pas faire du prussien du russe de autrichien

LECHEVALIER
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Re: saxon en 15mm

Messagepar LECHEVALIER » Lun Déc 11, 2017 8:14 pm

Au troisième jour de la bataille des nations, le 18 octobre 1813, une partie des contingents saxons et würtembourgeois soit l'essentiel de l'infanterie, de l'artillerie et de la cavalerie légère quittèrent les rangs de l'armée impériale et retournèrent leurs armes contre les français. Il semblerait que ce soit le prince héritier de Suède, Bernadotte qui ait exigé qu'ils ouvrent le feu sur les hommes de la 3°division du corps de général Reynier qui s'avançaient pour les soutenir et avec lesquels ils faisaient pourtant campagne depuis longtemps. Il ne s'agit pas d'une défection mais d'une véritable trahison comme il en existe peu d'exemple dans l'histoire.
Dans ses mémoires le colonel d'artillerie Noël évalue les effectifs concernés à 12.000 hommes et 42 pièces d'artillerie soit près de 10% des effectifs français engagés à Leipzig.
Les régiments de cavalerie lourde saxonne de la brigade Lessing (régiment de cuirassiers de la garde et régiment de de cuirassiers de Zastrow) après avoir manifesté leur indignation à haute voix, combattirent loyalement toute la journée au sein de la première division du général Bourdessoule. Au soir de cette terrible journée, ayant reçu des ordres du roi de Saxe, les officiers de ces deux régiments, colonel en tête, prirent congé auprès des officiers de chacun des régiments français de la division. Par leur conduite ces deux régiments rachetèrent en partie et au prix du sang l'honneur militaire des troupes saxonnes.

Le 19 avril 1815 lorsque Blücher arriva à Liège pour prendre le commandement de l'armée du Bas Rhin il trouva un fort contingent de saxons issus pour les uns de territoire récemment rattachés à la Prusse, pour les autres de sujets du roi de Saxe. Sur ordre du roi de Prusse, Blücher tenta d'obtenir des premiers un serment d'allégeance à leur nouveau souverain, or n'étant pas délié de leur serment précédant la chose était impossible au regard de l'honneur. Quant aux autres il tenta de les envoyer au duc de Wellington pour former un contingent à part entière et renforcer ainsi l'armée de Hollande. Le duc qui devait déjà se débrouiller d'une armée en forme de patchwork n'en voulu pas.
Les soldats saxons se rendirent alors au quartier général de Blücher pour manifester leur attachement au roi de Saxe, tentèrent de pénétrer dans le bâtiment y jetèrent des pierres à travers les vitres de la chambre de Blücher qui dut quitter précipitamment la ville en compagnie de Müffling et de son état-major.
Les régiments saxons furent éloignés puis désarmés, quelques meneurs furent fusiller et le drapeau des grenadiers de la garde saxonne fut symboliquement brûlé. Blücher du également se passer d'un contingent de 8.000 hommes dans lequel il n'avait de toute façon aucune confiance.

Certes l'armée saxonne est belle, particulièrement son régiments de grenadiers de la garde et ses régiments de cavalerie lourde que les fabricants de figurines ne manque jamais d'ajouter à leur collection mais il faut avoir quelque courage pour assumer au regard de l'histoire militaire un tel héritage.

clisson
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Re: saxon en 15mm

Messagepar clisson » Lun Déc 11, 2017 8:26 pm

Les officiers compétents furent incorporez à armée prussienne dont certains comme généraux

LECHEVALIER
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Re: saxon en 15mm

Messagepar LECHEVALIER » Mar Déc 12, 2017 12:29 am

Ce n'est pas la compétence des hommes qui interroge mais leur sens de l'honneur.

Les trois bataillons qui se sont mutinés l'ont fait car le roi de Saxe tardant à les relever de leur serment ils considéraient à bon droit ne pas pouvoir prêter allégeance au roi de Prusse bien qu'ils soient désormais ses sujets. Que certains aient cru pouvoir servir dans l'armée prussienne avant cela n'est pas à leur honneur.

A l'inverse le général prussien Karl Leopold Heinrich Ludwig von Borstell, qui commandait le II° corps de l'armée du Bas Rhin, s'étant engagé au préalable et sur l'honneur auprès des régiments saxons qui lui étaient affectés que leurs emblèmes ne seraient pas brûlés comme l'exigeait Blücher, refusa d'exécuter les ordres. Il fut démis de son poste, remplacé par Von Pirch I, traduit en conseil de guerre et condamné à quatre ans de forteresse. Deux mois plus tard il obtint le pardon du roi, reçu un nouveau commandement et fut nommé en 1825 General der Kavallerie. Héros des batailles de Möckern de Grossbeeren et de Dennewitz. Il avait décidé de la victoire alliée à Hoogstraten, puis participé au blocus d'Anvers. Blücher qu'il avait rejoint dans sa fuite vers Lübeck en 1806 ne cachait pas d'ailleurs son soulagement de voir ainsi s'achever cette douloureuse affaire. Son prestige auprès de l'armée ayant été remis en cause il avait du recourir à cette extrémité et sans la regretter, la déplorait sincèrement.

fantassin
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Re: saxon en 15mm

Messagepar fantassin » Mar Déc 12, 2017 1:19 pm

LECHEVALIER a écrit :Au troisième jour de la bataille des nations, le 18 octobre 1813, une partie des contingents saxons et würtembourgeois soit l'essentiel de l'infanterie, de l'artillerie et de la cavalerie légère quittèrent les rangs de l'armée impériale et retournèrent leurs armes contre les français. Il semblerait que ce soit le prince héritier de Suède, Bernadotte qui ait exigé qu'ils ouvrent le feu sur les hommes de la 3°division du corps de général Reynier qui s'avançaient pour les soutenir et avec lesquels ils faisaient pourtant campagne depuis longtemps. Il ne s'agit pas d'une défection mais d'une véritable trahison comme il en existe peu d'exemple dans l'histoire.
Dans ses mémoires le colonel d'artillerie Noël évalue les effectifs concernés à 12.000 hommes et 42 pièces d'artillerie soit près de 10% des effectifs français engagés à Leipzig.
Les régiments de cavalerie lourde saxonne de la brigade Lessing (régiment de cuirassiers de la garde et régiment de de cuirassiers de Zastrow) après avoir manifesté leur indignation à haute voix, combattirent loyalement toute la journée au sein de la première division du général Bourdessoule. Au soir de cette terrible journée, ayant reçu des ordres du roi de Saxe, les officiers de ces deux régiments, colonel en tête, prirent congé auprès des officiers de chacun des régiments français de la division. Par leur conduite ces deux régiments rachetèrent en partie et au prix du sang l'honneur militaire des troupes saxonnes.

Le 19 avril 1815 lorsque Blücher arriva à Liège pour prendre le commandement de l'armée du Bas Rhin il trouva un fort contingent de saxons issus pour les uns de territoire récemment rattachés à la Prusse, pour les autres de sujets du roi de Saxe. Sur ordre du roi de Prusse, Blücher tenta d'obtenir des premiers un serment d'allégeance à leur nouveau souverain, or n'étant pas délié de leur serment précédant la chose était impossible au regard de l'honneur. Quant aux autres il tenta de les envoyer au duc de Wellington pour former un contingent à part entière et renforcer ainsi l'armée de Hollande. Le duc qui devait déjà se débrouiller d'une armée en forme de patchwork n'en voulu pas.
Les soldats saxons se rendirent alors au quartier général de Blücher pour manifester leur attachement au roi de Saxe, tentèrent de pénétrer dans le bâtiment y jetèrent des pierres à travers les vitres de la chambre de Blücher qui dut quitter précipitamment la ville en compagnie de Müffling et de son état-major.
Les régiments saxons furent éloignés puis désarmés, quelques meneurs furent fusiller et le drapeau des grenadiers de la garde saxonne fut symboliquement brûlé. Blücher du également se passer d'un contingent de 8.000 hommes dans lequel il n'avait de toute façon aucune confiance.

Certes l'armée saxonne est belle, particulièrement son régiments de grenadiers de la garde et ses régiments de cavalerie lourde que les fabricants de figurines ne manque jamais d'ajouter à leur collection mais il faut avoir quelque courage pour assumer au regard de l'histoire militaire un tel héritage.
. Euh faut relativiser avec des travaux d’historiens sérieux comme Colson, la trahison des saxons n’a aucun impact sur le résultat de la bataille de Leipzig... et ils sont loin de représenter 10% des effectifs francais :shock:

LECHEVALIER
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Re: saxon en 15mm

Messagepar LECHEVALIER » Jeu Jan 18, 2018 12:04 pm

Fantassin a raison, en faisant référence à Colson, d'écrire que 12,000 hommes ne représentent pas le contingent saxon et württembougeois présent à la bataille de Leipzig; de même qu'ils ne représentent pas 10% de l'effectif total de l'armée impériale.

Le 18 octobre 1813, les troupes saxonnes et württembougeoises qui passent à l'ennemi sont constituées de :

la 34° division du general-leutenant von Zeschau (VII corps du général Reynier) comptant 3.679 baïonnettes desquels il faut déduire 500 hommes dont les 1er et 2ème bataillon de grenadiers de la garde saxonne (402 hommes) qui avec les généraux von Zeschau et Lecoq resteront fidèles jusqu'au soir à l'armée française
la 38° division du generalleutenant Franquemont (IV¨corps du général Bertrant) alignant 1168 hommes dont il convient de déduire les 221 sabres de la 29° brigade de cavalerie légère du général Wolff (constituée des 1er régiment de chevau-legers wesphalien et de Hesse-Damstadt).
La 25° brigade de cavalerie légère du generalmajor Normann (VI° corps du maréchal Marmont) 2ème & 4ème régiment de chevau-leger württembougeois soit 935 sabres
La brigade du général Lessing (I° corps de cavalerie du général Latour-Maubourg) regroupant les régiments de garde du corps et des cuirassiers saxons de Zastrow qui attendirent la nuit, comme je l'ai indiqué, pour changer de camp.

Si l'on y ajoute les appuis, les soutiens et les éléments de commandement on arrive peu ou prou à 6,000 hommes. On est encore loin des 12.000 du colonel Noël. De même l'armée impériale alignant 170.000 hommes au matin du 18 octobre et 160,000 en fin de journée, ces 6.000 « transfuges » ne représentent pas 10% des effectifs de l'armée française.

Les mémoires du colonel Noël écrites après la bataille comportent, sans doute un certain nombre d'approximations. Pour autant il m'a paru intéressant d'y faire référence dans la mesure où il s'agit du témoignage oculaire d'un des participants et qu'à travers ses exagérations, il exprime aussi le ressenti des troupes présentes à la bataille.

Lors de celle-ci les saxons et württembougeois n'ont pas seulement fait défection. Ils ont trahi et se sont retournés en pleine bataille contre leurs anciens frères d'armes en rejoignant les rangs de la coalition. Ainsi l'armée française perdit du même coup 6.000 combattants tandis que l'armée des coalisés en gagnait autant. La différence en terme d'effectif entre la situation du matin et du soir le 18 octobre 1813 est donc bien de 12.000 hommes (le même raisonnement peut s'appliquer aux 42 pièces d'artillerie).

D'aucuns jugeront que cette approche est un peu capillotractée et de fait elle l'est du point de vue de l'historien qui raisonne en terme d'effectifs. En revanche pour les militaires qui apprécient la situation en terme de rapport de forces cette approche ne surprendra pas. Elle a surtout le mérite de défendre sinon les mémoires du moins la mémoire du colonel Noël et de le sortir du mauvais pas dans lequel je l'avais conduit.

S'agissant de l'effet qu'eut cette trahison sur le déroulement de la bataille je ne crois pas qu'il puisse être tenu pour négligeable et sur ce point je ne partage pas l'analyse de Colson.

Si Napoléon parvint à rétablir un dispositif cohérent à l'est du Leipzig ce fut tout d'abord du fait de sa rapidité de réaction. Informé de la situation, il se rendit immédiatement sur place et pour combler provisoirement la brèche qui venait de s'ouvrir y envoya derechef la cavalerie de la garde commandée par le général Nansouty. Rapidement le Maréchal Ney accouru à la tête de la 9° division du général Delmas et tenta avec le général Reynier et la 32° division du général Durutte de reprendre le village de Paunsdorf, en vain.

Si la trahison des saxons n'eut pas un effet tactique immédiat et définitif elle n'en demeure pas moins l'un des faits saillant de la bataille et peut-être même le tournant :

Au moment où les choses se produisirent il était 16h00, l'armée française était engagée sur toute la ligne. Autant dire que la présence de ces deux grands capitaines et des troupes qu'ils durent engagées auraient été bien utiles ailleurs.
Elle fit perdre à l'Empereur le point d'appui que constituait le village de Paunsdorf autour duquel s'articulait le dispositif français à l'est de Leipzig.
Elle porta un coup sévère au moral des troupes qui, formée de nouvelles levée, étaient plus enclin à ce genre de sentiment.
Elle incita enfin les autres contingents de la confédération du Rhin à faire de même et fit peser sur eux une suspicion légitime de la part du contingent français. Ce qui se vérifiera quelque jours plus tard et débouchera sur la bataille de Hanau.

Les batailles se gagnent aussi et surtout même au moral. Celui de l'armée française était au plus bas. Nul doute que la trahison des saxons contribua pour une part non négligeable dans la décision de retraite que prit l'Empereur au soir du 18 octobre.

Après la bataille de Waterloo, Walter Scott demanda à rencontrer le Duc de Wellington dans le but avouer d'écrire le récit d la bataille. Après plusieurs sollicitations, qu'il avait poliment déclinées le Duc répondit à l'écrivain qu'une bataille est comme un bal. De nombreux faits s'y déroulent presque simultanément et il est impossible d'en connaître l'exacte chronologie, de sorte que les conséquences d'un fait vis à vis d'un autre ne peuvent être réellement évaluée. Ainsi on ne peut décider quelles actions ont été déterminantes dans l'avènement de la victoire. Il ajouta également qu'au cours de la bataille l'un des participants pouvait avoir eu un moment de faiblesse ou d'hésitation et qu'il aurait à cœur de l'effacer lors de l'engagement suivant aussi il ne fallait pas toujours en faire la relation. - On peut au passage saluer le discernement de l'homme de guerre qui n'était pas sans défauts mais qui connaissait bien les ressorts de l'âme humaine – .Naturellement Walter Scott passa outre et fit sa relation de la bataille de Waterloo.

En ce qui concerne les saxons point de faiblesse mais une félonie et de la pure espèce comme l'histoire contemporaine en compte peu.
Colson considérant sans doute que la trahison des saxons n'avait pas entraîné la victoire immédiate des coalisés, décida qu'elle n'avait eu aucun impact sur le résultat de la bataille de Leipzig.
A n'en pas douter il s'agit là d'un excellent historien dés lors qu'il fait le récit des choses. En revanche je serai plus circonspect concernant ses capacités d'analyse et vous me permettrez d'avoir sur le sujet qui nous occupe une toute autre opinion que la sienne.


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