Rôle des GQG pendant la bataille

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Bernard
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Rôle des GQG pendant la bataille

Message par Bernard » Dim Juil 08, 2018 9:21 am

Bonjour à tous
Je désire réaliser les GQG autrichiens et français pour ma bataille de Wagram, uniquement comme décors.
Ce qui m'amène à m'interroger sur leur rôle réel pendant une bataille???
Effectivement une fois la bataille lancée, j'ai l'impression que leur rôle est ... nul! 8)
Tout étant réglé par Napoléon et ses propres officiers, idem pour l'archiduc Charles.
Qu'en pensez-vous? :?:
:D :D
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jacknap1948
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par jacknap1948 » Dim Juil 08, 2018 10:52 am

Bernard a écrit :Bonjour à tous. Je désire réaliser les GQG autrichiens et français pour ma bataille de Wagram, uniquement comme décors. Ce qui m'amène à m'interroger sur leur rôle réel pendant une bataille ??? Effectivement une fois la bataille lancée, j'ai l'impression que leur rôle est nul ! Tout étant réglé par Napoléon et ses propres officiers, idem pour l'archiduc Charles. Qu'en pensez-vous ?
Salut Bernard.
Je ne pense pas que leur rôle était nul, par exemple Berthier avait énormément de travail, de rapports à recevoir, d'ordres à envoyer, etc...
Même si tout (ou en grande partie) était réglé avant la Bataille par l'Empereur Napoléon I° et ses officiers, il y avait parfois des ajustements à apporter ou des "occasions" ou "opportunités" à ne pas manquer.
Je ne pense pas qu'il en était tout à fait de même pour l'Archiduc Charles ou le Tsar Alexandre I°, il suffit de se rappeler d'Austerlitz. :D
Personnellement pour le jeu au 1/300° tous mes États-Majors possèdent des messagers qui sont chargés de porter les ordres émis.
Les États-Majors d'Armées Française, Autrichienne, Russe, possèdent 4 messagers, les États-Majors de tous les Corps d'Armée en possèdent 2.
Selon la règle jouée, ils voyagent à la vitesse de la Cavalerie au galop pour les courtes distances ou au trot pour les distances longues.
S'ils passent à portée de troupes ennemies ils peuvent être soumis à du feu d'artillerie ou d'infanterie ce qui impliquera un test de "survie".
Lors de la reconstitution de la Bataille de Rivoli (14-01-1797), si j'ai bonne mémoire, Joubert avait envoyé un "S.O.S." à Napoléon Bonaparte. :wink:
Le messager mit plusieurs tours de jeu pour le joindre, selon la règle et le destinataire il peut y avoir un test de "Compréhension du message".
Napoléon Bonaparte donna ses ordres à ses troupes et partit avec une partie de la Cavalerie pour gagner rapidement Rivoli.
Il mit plusieurs tours de jeu pour gagner Rivoli, et ses troupes avec de l'Infanterie en mirent encore bien plus, mais elles arrivèrent à temps. :wink:
Finalement, puisque tu joues avec ta règle c'est à toi de décider ce que tu veux faire.
Bonne après-midi, bon jeu et à plus tard sans doute.
Jacques.
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Bernard
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par Bernard » Lun Juil 09, 2018 5:43 am

jacknap1948 a écrit :Personnellement pour le jeu au 1/300° tous mes États-Majors possèdent des messagers qui sont chargés de porter les ordres émis.
Les États-Majors d'Armées Française, Autrichienne, Russe, possèdent 4 messagers, les États-Majors de tous les Corps d'Armée en possèdent 2.
Selon la règle jouée, ils voyagent à la vitesse de la Cavalerie au galop pour les courtes distances ou au trot pour les distances longues.
Napoléon et l'archiduc Charles possèdent chacun 3 aides de camp pour la transmission des ordres écrits, mais aussi 3 officiers généraux (comme Mouton) pour prendre le commandement d'un regroupement d'unités ad hoc!
Mes états-major de corps d'armée possèdent 2 aides de camp pour effectivement transmettre des ordres écrits aux divisions subordonnées.
Pareil ils se déplacent de 400 pas = vitesse de cavalerie légère au galop. :D
jacknap1948 a écrit :S'ils passent à portée de troupes ennemies ils peuvent être soumis à du feu d'artillerie ou d'infanterie ce qui impliquera un test de "survie".
Idem, ils peuvent être pris à partie par l'ennemi s'ils s'éloignent des unités amies. :D :D
Les grands esprits se rencontrent! :D :D :D
jacknap1948 a écrit : 1/300°
C'est à dire 1 figurine pour 300 soldats réels? :?:

Berthier pendant Wagram devait être sur l'île Lobau 8) ...Je lis nul part qu'il "agisse" pendant la bataille...Je pense que se sont les gens de la maison militaire de l'Empereur qui fournissent le maximum de travail pendant la durée de la bataille.
Je vais quand même monter un GQG français et autrichien pour le plaisir, mais ils ne participeront pas à ma bataille!
:D :D :D
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jacknap1948
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par jacknap1948 » Lun Juil 09, 2018 6:21 am

Bernard a écrit :Les grands esprits se rencontrent ! 1/300°: c'est à dire 1 figurine pour 300 soldats réels ?
Re-Salut Bernard.
Je ne sais pas si je fais partie des "grands esprits" mais j'essaie d'être le plus proche possible de la réalité.
Concernant le 1/300° c'est en fait l'échelle des figurines souvent classées 6 mm.
Le ratio de représentation humaine dans mes armées est de 1 figurine pour 60 hommes, 1 canon ou 1 obusier et 2 artilleurs pour 2 canons.
Bonne journée et à plus tard.
Jacques.
À mon très grand ami Patrice († 58).
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BMasson
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par BMasson » Mar Sep 11, 2018 10:01 am

le rôle des états-major en pleine bataille était loin d'être nul; ce qu'on a tendance à oublier sur nos tables vues depuis quelques centaines de mètre d'altitude, c'est qu'un général en chef en pleine bataille ne voit rien et n'entend rien à cause du bruit et de la fumée, qu'il n'a généralement pas de carte de l'endroit, que s'il en a une, elle est fausse (il n'existe aucune carte de l'époque sans au moins plusieurs erreurs flagrantes), et de toutes façon il n'a rien pour l'étaler.
l'état major, que ce soit d'une brigade ou d'une armée, est généralement une ruche, où les aides de camps n'ont pas le temps de s'arrêter entre 2 ordres/ comptes rendus/missives diverses aux subordonnés et supérieurs.
ne pas oublier ce que disait Napoléon, "donner un ordre n'est rien, s'assurer de son exécution est tout". le chef d'état-major doit recevoir les messages, délivrer les reçus, en vérifier la chronologie (si l'émetteur a eu la bonne idée de dater sa missive, ce qui est rarement le cas), essayer de savoir ce qu'il est advenu des messagers manquants, puis s'occuper de ses propres missives, faire des copies, les confier à un AdC, récupérer les reçus, savoir si quelqu'un a vu les messagers non revenus, etc...

Ca c'est si le général sait donner un ordre, voire même le CeM écrire! D'où le fait qu'un général qui se met à la tête d'une attaque ne donne plus d'ordres, que parfois son incompétence rend un succès initial sans lendemains, voire comme Soult qui est incapable de donner le moindre ordre utile une fois la bataille commencée, et perd des batailles qu'il aurait pu gagner (Albuera, 1er Sauroren, Nivelle, etc...)

LECHEVALIER
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par LECHEVALIER » Sam Sep 15, 2018 7:40 pm

Les états-majors présentent souvent l'image d'un groupes d'officiers aux tenues bigarrées, souvent austères et parfois chamarrées entourant un officier-général, de sorte qu'il n'est pas aisé de savoir qui fait quoi. Pour comprendre le rôle dévolu aux états-majors et à chacun ses membres, il convient de connaître leur composition et les missions attribuées à chacun avant de parler du travail d'état-major lui-même.

I Les membres des états-majors.

Si les états-majors ne sont pas une créations récente, leur caractère permanent et leur rattachement à chaque grande unité résultent des travaux menés bien avant la révolution par le comte de Guibert, le chevalier du Teil, le chevalier de Folart et de quelques autres théoriciens. Il est aussi la conséquence de l'état de guerre incessant que connaîtront successivement la République et l’Empire de 1792 à 1815.

Les états-majors rassemblent un nombre variable d'officiers selon la taille de la grande unité à laquelle ils sont attachés. Ces officiers peuvent être répartis en trois catégories:
- les officiers d'état-major (proprement dit)
- les aides de camp
- les spécialistes

1/ Les officiers d'état-major

Ces officiers, placés sous le commandement du chef d'état-major sont chargés de la rédaction des ordres, des rapports et des comptes-rendus. Ils dressent les tableaux d'effectifs, attribuent les cantonnement règlent la marche des troupes et leur échelonnement. Vêtus d'un uniforme austère, ce sont des «hommes de plume», travaillant assis autour d'une ou de plusieurs tables. Ils sont un peu les oubliés de l'épopée et pourtant leur rôle est essentiel. De par leurs fonctions, ils correspondent d'ailleurs à nos actuels officiers d'état-major.
Parmi ceux-ci, on distingue:
- les adjudants commandants
- les officiers adjoints d'état major

Les adjudants commandants
Autrefois appelé adjudant général, ils portaient, sous la République, un uniforme très semblable à celui des généraux de sorte que les soldats les saluaient comme tels. Un capitaine d'artillerie promu directement général de brigade s'agaça de la chose. Lorsqu'il devint 1er consul il les dota d'un uniforme, certes magnifique, mais très différent de celui des généraux et changea leur appellation en celle d'adjudant commandant.
Il s'agit là, non d'une fonction, mais d'un grade intermédiaire entre celui de colonel et celui de général de brigade. Comme l'étymologie l'indique, ils sont les adjoints directs, des généraux. Selon le niveau de l'état-major où ils servent, ils occupent un poste de chef d'état-major ou de chef de section. Ils sont assistés dans leur tâche de plusieurs officiers adjoints d'état-major.

Les officiers adjoints d'état-major
Placés sous les ordres d'un adjudant commandant, ils travaillent comme rédacteur. Leur grade peut aller de capitaine à colonel. Ce sont souvent d'anciens aides de camp qui plutôt que de rejoindre un corps de troupe poursuivent leur carrière au sein de l'état-major.

2/ Les aides de camp

Contrairement aux officiers d'état-major ils sont attachés, non à la grande unité, mais au général qui la commande. Il n'est pas rare qu'ils suivent ce dernier durant toute ou partie de sa carrière au gré de ses commandements successifs. Leur grade varie de lieutenant à colonel, (exception faite des aides de camp de l'Empereur, qui furent des officiers généraux). Si leur fonction consistait d'abord à «aider dans ses tâches domestiques» le général (d'où leur appellation) ils servent pour l'essentiel d'estafette entre le général, son supérieur et ses subordonnés. Au delà des ordres dont ils sont porteurs il sont à même de donner les précisions utiles à l'exécution de ceux ci. Ils peuvent aussi dans certain cas conduire une reconnaissance et rendre compte d'une situation. Ils peuvent enfin reprendre en main durant la bataille une unité ayant momentanément échappée au contrôle de ses officiers.
Contrairement aux officiers d'état major, les fonctions d'aides camp ne nécessitent pas au départ de connaissances militaires particulières. Ils suffit d'être bon cavalier, de disposer de plusieurs montures et d'être particulièrement endurant. C'est le moyen pour des jeunes gens de bonne famille d'entrer directement dans la carrière comme officier. La fonction est enviée car au plus près du commandement. Pour autant il s'agit d'un poste particulièrement risqué au taux d'attrition élevé. Ceci explique qu'à coté des aides de camp «permanents» on trouve souvent des officiers détachés de leur régiment pour assurer ce service.
Leur proximité avec le général ou le maréchal auquel ils sont attachés les met davantage en lumière. Il n'est pas rare,en effet, qu'ils figurent sur un portrait au coté de leur chef. En outre ceux qui servent sous les ordres d'un maréchal ou d'un prince d'Empire sont vêtus d'un uniforme particulièrement seyant de sorte que les peintres de bataille leur ont toujours réservé une place de choix dans leurs compositions.

3/ Les spécialistes

Il est possible de réunir sous ce vocable les personnels ne faisant pas partie des deux premières catégories mais dont la spécialité justifie d'être affectés à un état-major.

Parmi eux on distingue:
- les officiers d'artillerie
- les officiers du génie
- les ingénieurs géographes
- les guides d'état-major
- les guides interprètes
- les officiers d'administration
. les inspecteurs aux revues
. les commissaires des guerres
. les officiers payeurs
- les «officiers» de santé
- les officiers à la suite
- le détachement prévôtal

Les officiers d'artillerie
Ils forment un petit état-major destinés à coordonner les feux des pièces d'artillerie. Leur présence se justifie dés lors que la grande unité, auprès de laquelle ils sont affectés, dispose de plusieurs batterie d'artillerie (corps d'armée ou armée).

Les officiers du génie
Eux aussi forment un petit état-major. Il sont particulièrement appelés à diriger les travaux d'aménagement du terrain (construction de fortifications de campagne, destruction d'ouvrages d'art...). Leur rôle devient prépondérant lors des sièges ou des défenses de places fortes dont ils conduisent les opérations.

Les ingénieurs géographes
Napoléon attachait un soin tout particulier aux cartes dont il se munissait avant de partir en campagne. Ses généraux ne disposant pas toujours des mêmes facilités avaient alors recours aux ingénieurs géographes capables de tracer rapidement une carte, le relevé d'un itinéraire, un croquis de repérage ou un panorama.

Les guides d'état-major
(à ne pas confondre avec les habitants du pays pris pour guider les troupes)
Il s'agit du détachement assurant l'escorte du général en chef. Napoléon considérant qu'ils ôtaient aux régiments de cavalerie légère leurs meilleurs éléments les supprimera. Les généraux et maréchaux choisiront alors leur escorte au sein d'un des régiments de cavalerie placés sous leur commandement, souvent parmi les compagnies d'élites.

Les guides interprètes
Initialement créés pour la conquête de l'Angleterre, ils n'auront qu'une existence éphémère. Leurs successeurs germanophones ne survivront pas longtemps face au trop grand nombre de généraux français pratiquant la langue de Goethe .

Les officiers d'administration
Les deux grands corps de l'administration militaire sont
les inspecteurs aux revues chargés de vérifier régulièrement l'état des effectifs, équipements armements et tenues de chaque régiment et d'en faire rapport.
les commissaires des guerres qui assurent l’intendance des troupes et des hôpitaux. Ils sont en charge des marché publics passés avec les fournisseurs des armées. En territoire ennemi, ils ordonnent les réquisitions.
Les officiers payeurs peuvent être considérés comme des officiers d'administration toutefois ils dépendent directement du trésor. Ils sont naturellement chargés de la solde.

Les «officiers» du corps de santé
Ils se répartissent entre les médecins, les chirurgiens et les pharmaciens. Ils accompagnent les troupes en campagne et dirigent les hôpitaux établis à l'arrière mais ils n'en assurent pas l'administration, confiée aux commissaires des guerres. Napoléon ne leur reconnaîtra jamais la qualité d'officiers.

Les officiers à la suite
Il s'agit d'officiers supérieurs ou d'officiers généraux qui aux cours de la campagne devront prendre un commandement, soit que celui-ci soit devenu vacant, soit qu'il faille constituer une unité de circonstance pour une mission particulière, soit qu'il faille assurer le gouvernement militaire d'une région occupée ou le commandement d'une place forte enlevée à l'ennemi.

Le détachement prévôtal
En fonction du niveau de la grande unité considérée, un détachement plus ou moins important de gendarmes est directement rattachée à l'état-major. Ses missions sont la chasse aux déserteurs, la garde des prisonniers de guerre et la surveillance du trésor.

II La Composition des états-majors

En principe:
Les E.M. de brigades n'ont que des aides de camps.
Les E.M. de divisions ont des aides de camp et des officiers d'état-major.
Les E.M. de corps d'armée disposent d'aide de camp, d'officiers d'état-major et de «spécialistes».

Il arrive que momentanément des spécialistes soient détachés auprès d'un E.M. de division tel un ingénieur géographe. De même le général commandant un corps d'armée peut envoyer un de ses aides de camp voir même un adjudant commandant auprès d'une division éloignée. A l'instar des troupes, les état-majors font preuve tout au long de l'empire d'une grande plasticité. Il n'est pour s'en convaincre qu'à considérer les unités de «voltigeurs et grenadiers réunis» durant la campagne d'Allemagne ou les «compagnies de bons tireurs» durant la campagne d'Espagne.

Le personnel des états-majors

L'état-major de brigade ne compte que deux aides de camp.
L'état-major de division compte trois aides de camp, ainsi que deux ou trois adjoints d'état- major placés sous les ordres d'un adjudant commandant faisant fonction de chef d'état-major éventuellement épaulé par un autre adjudant commandant portant le titre de sous chef d'état-major.
L'état-major de corps d'armée est à peine mieux loti. Il est pourtant placé sous les ordres d'un général (de brigade ou de division) occupant les fonctions de chef d'état-major. Le faible nombre d'officiers d'état-major est compensé par le fait que c'est à ce niveau qu'apparaissent les spécialistes (artilleurs, sapeurs, géographes, administratifs, linguistes, corps de santé...).
L'état-major impérial est nettement plus pléthorique parce qu'il se situe au niveau supérieur mais aussi parce qu'il regroupe l'état-major de l'Empereur et celui du Major-général, chef d'état-major de la Grande Armée. De plus le Grand Quartier Général Impérial voisine avec l'état-major de la Garde Impériale. Pour l'étude de ceux-ci je vous renvoie à l'ouvrage de Ronald Pawly qui me semble le plus abouti.


III Le travail d'état-major

Aujourd'hui comme hier, le travail des états-majors est défini par l’acronyme C3I. Ce qui signifie : "Command, Control, Coordination Intelligence". Le commandement et le renseignement étant du domaine exclusif de l'Empereur, reste aux grands subordonnés et leurs états-majors le contrôle et la coordination ce qui n'est pas une mince affaire au regard de leurs effectifs relativement réduits.

Le niveau opératif:

Partant d'une idée de manœuvre générique, l'Empereur envisage par avance tous les «branch plan» possibles en fonction des réactions attendues de l'ennemi. Ce travail préalable de planification est considérable mais il ne mobilise que l'Empereur et le chef de son service cartographique: Bacler d'Albe. Il débouche sur un plan de campagne qui ne concerne que la dimension opérative de la guerre. Par la suite, l'Empereur adaptera constamment ce plan de campagne initial aux occurrences nouvelles qui apparaîtront et exploitera les opportunités parfois inattendues qui se dessineront
Le travail des généraux et de leurs états-majors est alors tout d'exécution, se focalisant sur le contrôle et la coordination des mouvements.

Le niveau tactique:

Les mouvements qui précèdent la bataille déterminent des positions au départ de celle-ci, mais l'Empereur veillera à corriger son dispositif jusqu'au dernier moment en fonction des tous derniers renseignements qu'il obtiendra sur l'ennemi. Cela lui impose une grande capacité d'adaptation de son dispositif initial voir même une remise à plat totale de son plan de bataille (comme ce fut la cas à la veille d’Austerlitz).
Le travail d'état-major est alors d'autant plus intense qu'il se déroule essentiellement durant la nuit précédant la bataille et que les ordres doivent être transmis, dans les délais utiles, afin que les troupes aient gagné leurs positions de départ en tout début de matinée.

Au début de la bataille, les généraux et leurs états-majors respectifs reprennent le commandement des troupes placées sous leurs ordres. Dans la conduite de celle-ci, ils exercent bien le commandement, le contrôle et la coordination de leurs troupes pour la mise en œuvre des ordres reçus à priori dans la limite de ceux-ci.

Quand l'opératif s'invite dans le tactique:

S'il est vrai que les mouvements préalables peuvent à eux seuls déterminer du sort d'une bataille avant même qu'elle ne soit engagée comme à Ulm. A l'inverse, il s'avère parfois que le déroulement de celle-ci soit contrarié par la survenue de mouvements opératifs (tels l'arrivée des corps de Lestoq puis de Ney sur le champ de bataille de Preussisch-Eylau ou celui de Von Bulow à Waterloo). L'Empereur reprend alors la main pour contrer la menace en adaptant de nouveau son dispositif. Par suite, cela génère un travail considérable pour les états-majors puisqu'il leur faut produire et transmettre au plus vite les ordres nécessaires face à cette nouvelle situation.

J'espère que cette courte présentation vous aura convaincu que le travail d'état-major, avant comme pendant la bataille, n'était pas totalement nul et que la présence d'officiers autour des généraux se justifiait, aussi splendides que puissent être leurs uniformes, autrement que comme gravures de mode.

Pour de plus amples renseignements, je vous propose la bibliographie ci-dessous. Je vous recommande particulièrement les deux premiers ouvrages de Stéphane Béraud intitulés: «les mouvements» et «les manœuvres» en attendant que le troisième opus intitulé «les batailles» ne sorte.

Bibliographie:
- Etats-majors et service de santé Commandant Bucquoy Jacques Granger éditeur
- Etat-major de Napoléon Alain Pigeard Hors série Tradition n°30
- Le grand quartier général impérial Ronald Pawly Edition Quatuor
- L'armée napoléonienne Alain Pigeard Edition Curandera
- La révolution militaire napoléonienne Stéphane Béraud Bernard Giovanangeli

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jacknap1948
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Re: Rôle des GQG pendant la bataille

Message par jacknap1948 » Dim Sep 16, 2018 7:24 am

Salut Lechevalier.
Merci de cet exposé intéressant.
Mais pourquoi ce message en double ? 8)
Je l'ai copié, mais en un seul exemplaire. :wink: :D :wink:
Bonne journée et à plus tard.
Jacques.
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