Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

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cyril du carton facile
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Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par cyril du carton facile » Mar Déc 22, 2015 10:48 am

Salut,

Je voudrais savoir ce qui se passait quand la cavalerie chargeait de l'infanterie qui tirait ?

1) Est-ce que la cavalerie résistait mieux aux tirs que l'infanterie ? Pour moi, il est plus facile de toucher un cavalier qu'un fantassin. Mais même blessé, le cavalier pouvait continuer sa charge avec une balle dans la jambe.
2) Je sais que les circonstances jouent sur le moral d'une troupe qui charge, mais est-ce que la cavalerie pris par son élan, avait plus de facilité que l'infanterie, à enfoncer un bataillon en ligne de bataille ?

Merci.
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Siaba
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Siaba » Mar Déc 22, 2015 12:25 pm

Mon avis à deux balles sur le sujet:
- Même si un cavalier représente une plus grande cible qu'un fantassin, un cheval est capable de continuer à avancer avec plusieurs balles dans le corps, sans compter, comme tu l'as souligné que son cavalier peut aussi continuer à chevaucher en étant blessé. Du coup c'est pas évident d'arrêter une charge de cavalerie par le feu.

-Je pense que ce n'est pas pour rien si, sous l'Empire, l'infanterie se mettait en carré face à la cavalerie. les officiers de l'époque devaient savoir qu'ils avaient toutes les chances d'être enfoncés si leurs troupes n'adoptait pas cette formation. Donc, entre la difficulté d'arrêter un cavalier qui charge et le facteur moral que représente un adversaire monté, supérieur en taille, qui arrive rapidement sur vous, les fantassins de l'Empire avaient toutes les chances craquer au moral si ils étaient chargé par de la cavalerie.

A noter quand même qu'à partir du milieu du XIX° siècle, avec les progrès fait dans la portée et la rapidité de chargement des armes, l'infanterie ne prend plus la peine de se mettre en carré face à la cavalerie: elle brise les charges par son feu.
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Thierry Melchior
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Mar Déc 22, 2015 12:58 pm

Bonjour Cyril,
cyril du carton facile a écrit :Je voudrais savoir ce qui se passait quand la cavalerie chargeait de l'infanterie qui tirait ?
Si tu le veux bien, évoquons tout d'abord le cas de l'infanterie qui ne peut pas tirer.
Extrait d'un article de Philip Haythornthwaite que l'on peut télécharger ICI.
La lance était également très efficace contre des fantassins en carré, si l'humidité les empêchait de tirer, comme le rapporta Marbot : ses chasseurs, lors de la bataille de Katzbach, firent face à un carré, dans des circonstances « vraiment ridicules, car on se regardait dans le blanc des yeux sans se faire le moindre mal, nos sabres étant trop courts pour atteindre des ennemis dont les fusils ne pouvaient partir. Le 6e régiment de lanciers, dont les longues lances dépassaient les baïonnettes ennemies, tua en un instant beaucoup de Prussiens [...] ce qui permit [...] aux chasseurs [...] de pénétrer dans le carré ennemi, où nos cavaliers firent un affreux carnage ». Un épisode similaire se produisit à Dresde, où des cuirassiers français s'avérèrent incapables de briser une masse d'infanterie autrichienne ne pouvant faire feu en raison de la pluie, jusqu'à ce que le général Latour-Maubourg arrive avec son escorte de 50 lanciers, qui enfoncèrent la formation ennemie.
L'allonge du fusil muni de la baïonnette est supérieure à celle du sabre, mais inférieure à celle de la lance !
C'est l'arme de plus longue portée qui gagne. Et qu'elle est l'arme individuelle qui a la plus longue portée ? La balle du fusil !
(j'ai précisé « individuelle » car la portée des armes collectives, comme l'artillerie, est supérieure.)

Bien sûr, ce préambule permet de deviner la suite de mes réponses. 8)
cyril du carton facile a écrit :1) Est-ce que la cavalerie résistait mieux aux tirs que l'infanterie ?
Non, un homme reste un homme, sa capacité de résistance psychologique est donc la même qu'il soit à pied ou à cheval.
cyril du carton facile a écrit :Pour moi, il est plus facile de toucher un cavalier qu'un fantassin.
Surtout si on tire sur le cheval !
cyril du carton facile a écrit :Mais même blessé, le cavalier pouvait continuer sa charge avec une balle dans la jambe.
Non, sauf si c'est un kamikase ! :mrgreen:
cyril du carton facile a écrit :2) Je sais que les circonstances jouent sur le moral d'une troupe qui charge, mais est-ce que la cavalerie pris par son élan, avait plus de facilité que l'infanterie, à enfoncer un bataillon en ligne de bataille ?
J'ai en tête un exemple en Espagne où c'est arrivé une fois : un bataillon français en carré était placé dans un creux derrière une ligne de crête. La cavalerie anglaise poursuivait un escadron français au galop, elle est arrivée sur le carré sans l'avoir vu, les soldats du carré ont été tellement surpris qu'ils n'ont pas tiré et se sont débandés !
Je pense que le carré était vraiment très, très près de la ligne de crête puisqu'il faut environ quinze secondes à un cheval au galop pour parcourir 100 mètres.
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Mar Déc 22, 2015 2:02 pm

Comme d'habitude j'invite les lecteurs à se procurer (achat ou emprunt à une bibliothèque) les titres suivants :
– « Études sur le combat », colonel Ardant du Picq (disponible sur Gallica)
– « Anatomie de la bataille », John Keegan
– « Waterloo », Alessandro Barbero
– « Waterloo, Les lettres anglaises », H.T. Siborne

Je les invite également à réfléchir aux points suivants :
– Pourquoi les piques furent-elles abandonnées suite à l'invention de la baïonnette à douille ?
– Quelle est la différence entre une face de carré et la face d'une ligne ?
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Roland » Mar Déc 22, 2015 8:08 pm

Salut Thierry,
je n'ai pas lu les deux derniers ouvrages que tu cite, mais celui de Charles Ardant du Picq est à lire voire à relire, car il permet de comprendre comment réagit l'homme au combat.
Pour répondre à la question de Cyril, je reprendrai une réflexion d'Ardant du Picq, au combat tout est affaire de moral. Face à une attaque, si une unité a confiance en elle, dans ses capacités, elle vaincra. La formation qu'elle aura adoptée pour recevoir l'attaque va simplement lui permettre d'optimiser son feu, son moral, sa cohésion, sa volonté de combattre. Mais face à une charge de cavalerie, une unité d'infanterie sur d'elle peut très bien rester en ligne.

Pour la cavalerie en attaque, c'est plus dur. Elle sait que pour avoir un ascendant sur l'infanterie adverse, il faut lui faire perdre sa cohésion ou l'impressionner: Moral contre moral, le plus faible fuit.

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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par BlackGriffin » Mar Déc 22, 2015 9:16 pm

Attention à l'effet Canada Dry ou folklore, très présent dans certaines règles de cette période si riche et si mal connu pourtant.

Même si l'on peut peut être citer quelques exemples inverses, une unité de cavalerie ne se harsardait pas normalement à attaquer de front une ligne solide de fantassins. Pourquoi ? Parce qu'elle peut grâce à ses capacités de manœuvre bien supérieures à l'infanterie contourner celle ci pour l'attaquer par le flanc ou mieux encore l'arrière. Ce faisant l'infanterie est immédiatement jetée dans le plus grand désordre, c'est alors le massacre, l’hallali, et à moindre coût pour la cavalerie. C'est d'ailleurs pour cela qu'il faut essayer de garder une réserve de cavalerie pour poursuivre l'ennemi une fois la bataille gagnée et lui infliger des pertes par la capture parfois supérieures à celle de la bataille elle même. Une charge de front se solderait par des pertes beaucoup plus conséquentes sans la moindre garantie de succès.

Si la ligne de bataille adverse ne permet pas les prises de flanc ou d'arrière ou qu'elle n'est pas déjà entamée physiquement ou moralement, la cavalerie n'a rien à faire contre elle, sauf à attendre que la ligne s'effondre pour la poursuivre ou par sa présence menaçante chercher à restreindre les manœuvres de l'adversaire ou combler un vide dans sa propre ligne de bataille.

Si une unité d'infanterie se place en carré face à de la cavalerie c'est qu'elle est prise en défaut. Soit elle n'est pas soutenu par les autres unités de son armée, qui normalement sont là pour couvrir les flancs et les arrières et réciproquement, soit elle est déjà entamée moralement et n'a pas confiance en son feu, qui même à l'époque est largement suffisant pour tenir en respect de la cavalerie adverse. Et une unité d'infanterie en carré sera idéalement prise à partie par de l'artillerie qui fera grand carnage dans les rangs serrés, puis menacée et attaquée par de l'infanterie une fois bien entamée. Une fois encore, de la cavalerie qui sait attendre son heure sera là et quand le carré sera brisé se lancera à fond sur lui pour faire un massacre.

Pour finir, même si l'on peut peut être trouver des exemples d'inconscients ou de suicidaires, je doute fortement qu'un cavalier ayant pris une balle dans la cuisse ne fassent pas immédiatement volte face pour se mettre à l'abri et se faire soigner, si tant est qu'il réussisse à se maintenir sur son cheval. Et c'est pareil pour un cheval probablement qui une fois atteint ne doit vraiment plus avoir l'envie de suivre les ordres de son cavalier.

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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par BlackGriffin » Mar Déc 22, 2015 9:28 pm

Thierry Melchior a écrit :
Je les invite également à réfléchir aux points suivants :
– Pourquoi les piques furent-elles abandonnées suite à l'invention de la baïonnette à douille ?
– Quelle est la différence entre une face de carré et la face d'une ligne ?
Je me permets même si la première réponse est vraiment évidente :)
- Les piques sont abandonnées parce que la combinaison balle et baïonnette suffit à faire face à de la cavalerie, rôle dévolu aux piquiers auparavant.
- La principale différence entre une face de carré et une face de ligne est le nombre d'hommes pouvant faire feu. Ce n'est pas pour rien que tout est fait dans un bataillon d'infanterie pour maintenait la longueur de son front : maintenir le nombre maximal de soldats pouvant tirer et ainsi maintenir le volume de feu. C'est la balle ou le boulet qui tue le plus, bien plus que le sabre, la lance ou la baïonnette.

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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Mer Déc 23, 2015 1:24 pm

FFLplay a écrit :- La principale différence entre une face de carré et une face de ligne est le nombre d'hommes pouvant faire feu. Ce n'est pas pour rien que tout est fait dans un bataillon d'infanterie pour maintenait la longueur de son front : maintenir le nombre maximal de soldats pouvant tirer et ainsi maintenir le volume de feu. C'est la balle ou le boulet qui tue le plus, bien plus que le sabre, la lance ou la baïonnette.
Bien vu, c'est une réponse à laquelle je n'avais pas pensé. :)
Je vais poser ma question autrement.
Si on admet que les fantassins tirent droit devant eux (puisque le tir en oblique est sur ordre) et que le front de la cavalerie est supérieur à celui de l'infanterie, pourquoi le carré est-il préférable à la ligne ?
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Siaba » Mer Déc 23, 2015 8:51 pm

FFLplay a écrit : Pour finir, même si l'on peut peut être trouver des exemples d'inconscients ou de suicidaires, je doute fortement qu'un cavalier ayant pris une balle dans la cuisse ne fassent pas immédiatement volte face pour se mettre à l'abri et se faire soigner, si tant est qu'il réussisse à se maintenir sur son cheval. Et c'est pareil pour un cheval probablement qui une fois atteint ne doit vraiment plus avoir l'envie de suivre les ordres de son cavalier.
C'est un détail mais pour le cheval blessé qui fait demi-tour, j'ai un doute. D'une part, un cheval a tendance à suivre le mouvement du "troupeau" particulièrement dans une charge surtout si en plus son cavalier le presse dans la direction de la charge.
Après, j'ai des compte rendus de cavaliers anglais de la guerre des Boers et de la première GM qui parlent de cheval continuant à courir avec 5 balles dans le corps....bon, on peut objecter qu'un projectile de la fin du XIX° siècle n'a peut être rien à voir avec une balle de mousquet mais j'ai l'impression que le cheval est quand même un bon gros bestiaux de 500kg qui se laisse pas arrêter par une balle :wink:
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Mer Déc 23, 2015 10:37 pm

Oui, tu as raison Siaba, le cheval continue d'avancer tant qu'il peut ! :)

Un réponse en MP avec laquelle je suis d'accord.
Petit complément encore concernant la cavalerie, ou plutôt les montures :
Le cheval (animal instinctivement peureux) ne fonce pas naturellement sur un obstacle, il passe par-dessus ou si possible le contourne (les rares cas de chevaux « sautant dans un carré » sont déclenchés par de très bons cavaliers ayant forcé leur monture à le faire), d'où, entre autres raisons, l'écoulement autour des carrés plus facile à réaliser que l'arrêt demi-tour en face du carré.
Pour ma part, je ne connais pas de cas où le cavalier a sauté par-dessus le mur de baïonnette.

Que s'est-il passé en Égypte : les Mamelouks étaient braves, personne ne leur avait jamais résisté, ils étaient donc convaincus de tout renverser, ils étaient puissamment armés, ils avaient des chevaux remarquablement dressés et pourtant, pourtant, ils n'ont jamais franchi les rangs des carrés français.
Alors ma religion est faite : un carré qui tient au moral résiste à tous les assauts. :)
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par taeyang » Mer Déc 23, 2015 11:03 pm

Thierry Melchior a écrit :Alors ma religion est faite : un carré qui tient au moral résiste à tous les assauts. :)
+1, Thierry.
D'ailleurs, la littérature le prouve: la rupture des carrés était souvent due à la démoralisation de l'infanterie ou d'un fait improbable comme un cheval qui s'abat sur la première ligne de fantassin créant ainsi une brèche.
Quand au cavalier qui passe par dessus une ligne de baïonnettes: si la monture bloque sur ses antérieurs d'un coup avant le 1er rang, le vol plané du cavalier .... :lol: :lol: :lol:

Un cheval n'est pas 'peureux' par essence. Il est méfiant, nuance !
Face à un événement imprévu, il va se dérober.
Il va se dérober d'autant plus qu'il ne se sent pas capable d'appréhender la 'menace'.
C'est ce que l'on rencontre dans le refus de passer l'obstacle dans un concours !
Quand le cheval refuse de sauter, ce n'est pas de sa faute: c'est son cavalier qui ne lui a pas donner les moyens de le faire ! Nuance ;)
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Xaverus » Jeu Déc 24, 2015 10:29 am

Attention tout de même aux religions et à leurs "dogmes" qui peuvent rapidement donner des œillères (jeux de mot vaseux pour Noël hein :mrgreen: ).

N'oublions pas, comme la langue française (ou Astérix) nous le rappelle très souvent, qu'il existe de nombreuses exceptions pour confirmer les règles, en voici une pour la route.

Dans la catégorie cheval et cavalier franchissant un mur de baïonnettes créant ainsi une brèche entrainant la dislocation du carré il y a par exemple le sacrifice du Major Krosigk à Möckern (Leipzig en 1813).
Il gagne haut la main le prix de l'élégance grâce à l’immortalisation de son sacrifice par un tableau (Knötel) ventant l'élan patriotique en pleine guerre de libération :
médaille d'or en image

Pour ouvrir une brèche dans le carré de cette manière passer par les angles (les pointes) augmentait les chances de réussite. Ensuite il fallait accepter de mourir (un peu d'alcool, un pari paumé la veille ou une bouffée d'élan patriotique pouvait aider) et espérer que les copains reconnaissants en profitent pour passer... ou pas (les taquins) :mrgreen:

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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Jeu Déc 24, 2015 11:33 am

Xaverus a écrit :Dans la catégorie cheval et cavalier franchissant un mur de baïonnettes créant ainsi une brèche entraînant la dislocation du carré il y a par exemple le sacrifice du Major Krosigk à Möckern (Leipzig en 1813).
Oui, je connais. :)
Le cheval a été tué et son corps a continué sa course jusque dans les rangs du carré, le major pointant bravement sa lance avant d'être embroché par les baïonnettes.
Il est à noter que les bataillons français sont sur deux rangs depuis le 15 octobre 1813 (Napoléon a signé le décret le 14) et qu'ils ne doublaient pas les rangs avant de passer en carré contrairement aux Anglais. Ceci peut expliquer cela. 8)
Xaverus a écrit :Pour ouvrir une brèche dans le carré de cette manière passer par les angles (les pointes) augmentait les chances de réussite.
Oui, tout à fait, ce point est évoqué dans les règlements de la cavalerie, il y est même précisé que c'est le coin droit qu'il faut attaquer car les fantassins ont un angle de tir plus petit de ce côté (ceux qui tirent comprendront). 8)
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Michel
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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Michel » Jeu Déc 24, 2015 12:35 pm

En fait on se demande si une formation en cercle n'aurait pas été plus efficace qu'un carré: pas de soucis avec les coins fragiles, pas de problème d'angle de tir! :mrgreen:

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Re: Comportement et létalité de la cavalerie face au feu ?

Message par Thierry Melchior » Jeu Déc 24, 2015 12:42 pm

Tu ne crois pas si bien dire, Michel ! :)
Le problème c'est le changement de formation, les pelotons doivent pouvoir manœuvrer rapidement, donc, les rangs doivent rester aligner parallèlement sur une droite imaginaire.

Par contre, un peloton détaché ou des tirailleurs se mettaient en cercle. 8)
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