Guerre de 30 ans mercenaires

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Luc
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Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Luc » Mer Jan 30, 2019 11:31 pm

Bonjour à tous
Je me demande si les écossais (protestants) avaient quitté l'île de GB pour servir comme mercenaires dans les armées de la guerre de 30 ans. Selon vous est-ce le cas?
J'ai la même question pour les polonais. Ont-ils participé aux armées de "l'ouest" de l'Europe quand ils n'étaient pas eux-mêmes occupés à sabrer du suédois ou de l'ottoman?
Merci de vos réponses. :D
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Apa
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Apa » Jeu Jan 31, 2019 8:29 am

oui, il y a eu pas mal de mercenaires écossais. John Hamilton, John Hepburn, Baillie et Leslie sont parmi les plus célèbres, qui ont servi sous Gustave-Adolphe. Il semble que les officiers partaient avec des unités entières recrutées pour servir le roi de Suède. Cela représente a priori plusieurs milliers d'hommes. A Lützen, il y a une brigade écossaise entière dans l'armée suédoise.

Pour leur allure, il est probable que les bonnets caractéristiques soient portés, au moins au début. Il y a eu aussi des recrutements en Angleterre. Peut-être le terme "scots" regroupe-t-il aussi les Anglais. Auquel cas ils n'ont certainement pas la même apparence.
Mais au bout de quelques mois, je pense à peu près certain que plus rien ne distingue un rgt écossais d'un rgt allemand ou suédois : les hommes s'équipent sur place avec ce qu'ils trouvent (ou plutôt ce qu'ils pillent). Ce sont des unités de piquiers/mousquetaires classiques mais je ne connais pas la proportion de ces armes dans les bataillons.
Il existe aussi des représentation de highlanders, mais je ne sais pas du tout dans quel type d'unités ils servent.

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Bernard
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Bernard » Jeu Jan 31, 2019 9:36 am

L'armée suédoise au XVIIe siècle [article]
Claude Nordmann
Revue du Nord Année 1972

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:D :D :D
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Bernard
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Bernard » Jeu Jan 31, 2019 9:50 am

Guerre de Trente Ans
Par EROE dans HISTOIRE le 30 Mai 2013

Divisé entre principautés catholiques et protestantes, l’Empire ne pouvait rien contre les États nationaux solides qu’étaient la France, l’Espagne, l’Angleterre et la Suède. La province allemande qui devint l’instrument militaire de la Contre-Réforme fut la Bavière du Duc Maximilien. En 1609, la Bavière, avec l’appui du Vatican et de l’Espagne, rassemble la Ligue sous les ordres du Brabançon Jean’t Serclaes de Tilly. Au même moment, une querelle éclate pour la succession du duché de Clèves-Juliers, bien situé sur le Rhin, au Nord de Cologne. La France soutient le parti protestant ; ce que ne peut admettre l’Espagne. Le poignard de Ravaillac, en 1610, évite une guerre franco-espagnole. Mais chacun avait choisi son camp. En 1613, l’Empereur Matthias tente de sauver l’Empire en imposant la parité entre Protestants et Catholiques a la Diète. Menant une guerre féroce contre les Perses, les Ottomans ne s’intéressent plus à l’Europe centrale. C’est l’occasion, pour le nouvel Empereur Ferdinand II et Maximilien de Bavière, pour lancer leur offensive anti-protestante. La guerre se déclenche en 1620 avec, pour premier objectif, l’élimination du protestantisme en Bohème et en Autriche. Le sort était jeté : mercenaires espagnols et polonais soutiennent le parti catholique. L’Allemagne devient champ de bataille de l’Europe. L’Espagne, maîtresse des Pays-Bas méridionaux, souhaite encercler la France par le Nord (Bruxelles), l’Est (par l’ Alsace dont elle cherche à s’emparer) et le Sud (par Milan et au départ de son propre territoire). Seules les Provinces-Unies résistent et permettent aux Princes d’Allemagne septentrionale, abandonnés par le Roi du Danemark, de faire face aux Catholiques.

Ces projets espagnols alarment Richelieu qui décide d’éliminer ce danger au Nord et à l’Est. Richelieu, dans un réflexe bien légitime d’auto-défense (ainsi que le soulignent Kopp et Schulte en l940, date de parution de leur ouvrage !), fixe pour objectif à la politique française, de prendre Metz et Strasbourg. La querelle alsacienne est née. Ni Français, ni Allemands n’en sont au départ responsables mais le Pape. En Bohème, la répression exercée par les Habsbourgs, la fuite de 150.000 Protestants hors du pays, l’immigration ultérieure de Catholiques bavarois et l’établissement, à Prague, d’un régime absolutiste sont à l’origine de la haine des Tchèques pour les Allemands.

En 1625, le Roi de Danemark, Christian IV, entre dans le jeu. Battu par Tilly et Wallenstein, il laisse toute l’Allemagne aux Catholiques. Le Vatican a pratiquement gagné la partie. Mais Ferdinand II vole au secours des Polonais, aux prises avec la Suède désireuse de faire de la Baltique un lac suédois. Cette erreur politique force Gustave Il Adolphe de Suède, avec la complicité de Richelieu qui obtient la neutralité des Polonais, à se poser en champion des Protestants allemands. Gustave-Adolphe écrase l’armée de Tilly en 1631 à Breitenfeld et sauve le protestantisme allemand. Wallenstein reprend l’offensive. En 1632, à la tête de son armée victorieuse, le Roi de Suède tombe à Lützen. Commandée par Oxenstierna, l’armée suédoise conquiert l’Allemagne du Sud, ce qui oblige Wallenstein à composer. Il paye de sa vie cette volonté de dialogue : un officier catholique irlandais l’assassine. En 1634, pourtant, les Suédois perdent l’Allemagne du Sud. En 1635, par la Paix de Prague, les Allemands semblent vouloir la réconciliation et la paix. La France reforge une alliance avec la Suède. Bernhard de Weimar, général suédois, conquiert l’Alsace pour Richelieu.

:D :D :D
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Luc » Jeu Jan 31, 2019 10:25 am

C'est super merci beaucoup!!! :D
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Siaba
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Siaba » Jeu Jan 31, 2019 5:49 pm

Je confirme ce qu'a écrit Apa: pas mal de mercenaires écossais dans l'armée suédois mais identique en apparence aux européens de l'époque. La tenue traditionnelle écossaise était considérée comme barbare et arriérée, donc les soldats l'abandonnaient dès qu'ils le pouvaient. ça devait arriver assez rapidement sachant que les suédois fournissaient des uniformes à leur hommes ou, en tout cas, du tissus dans lequel se tailler des uniformes. Au pire, tu peux avoir dans ton armée quelques figurines d'écossais en tenue traditionnelle. L'arc étant une arme de chasse, les écossais pouvaient voyager avec depuis leur pays: donc tu peux même inclure des figurines d'highlanders armés d'arcs…sans abuser non plus.
Pour les polonais, il y a eu une unité de mercenaires polonais commandés par Lisowski, qualifiés de cosaques, dans l'armée française.
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Luc » Jeu Jan 31, 2019 7:05 pm

Nickel merci pour tes précisions!! Ca tombe bien je fais une armée française en plus des polonais. Les écossais c'est pour mon camarade de jeu qui fait suédois et impérial!
Plus qu'à mettre les figs en peinture. :D
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Michel Le Deuxième » Mer Mai 08, 2019 12:43 am

Pour ce premier post, je reviens un peu plus en détail (et surtout plus tardivement !) sur la question des mercenaires écossais et britanniques, qui est une vieille marotte chez moi.

Compte tenu de la pauvreté économique de l'Ecosse, le mercenariat pouvait représenter une alternative attirante pour une population masculine jeune et sans espoir d'accession à la terre, à une époque où seuls les fils ainés pouvaient envisager d'hériter de la ferme ou des biens de leurs pères. Et les qualités belliqueuses des Ecossais étant reconnues sur le continent, la demande était constante dans les pays en guerre à la fin du 16ème et durant le 17ème. On trouve déjà un régiment écossais en Pologne dès les années 1570 (le régiment de William Stewart of Houston levé par la ville de Dantzig en 1577-1578) mais ce sont surtout les Scandinaves qui s'imposent comme les principaux employeurs de mercenaires britanniques. Christian IV, roi du Danemark, lève un régiment écossais, le régiment de Mackay, qui sert en Allemagne de 1627 à 1629 avant de passer au service de la Suède lorsque les Danois se retirent de la guerre (l'unité sera connue par la suite sous le nom de Mackay/Monro).

Gustave-Adolphe est le plus gros employeur de mercenaires britanniques durant les années 1630 avec pas moins d'une vingtaine de régiments d'infanterie, dont beaucoup ne connaîtront qu'une existence éphémère avec une durée de service souvent inférieure à deux ans. Sur le lot, on compte environ une dizaine de régiments écossais, sept régiments anglais et deux régiments mixtes contenant à la fois des Ecossais et des Irlandais. La plupart de ces régiments ont été licenciés aux alentours de 1634 mais deux ou trois semblent avoir perduré jusqu'à la fin de la décennie.

Attention, le texte de Claude Nordmann cité plus haut est en partie erroné : au sein de l'armée suédoise, la brigade verte n'a jamais été exclusivement composée de mercenaires écossais : elle n'en compte guère qu'un seul régiment au départ, et plus aucun en 1632 au moment de la bataille de Lützen. Les régiments écossais de James Lumsden, de Mackay/Monro, de James Ramsay et de John Hamilton étaient regroupés au sein d'une brigade écossaise distincte tandis que la brigade verte ne comptait plus que des unités formées de mercenaires allemands (contrairement à une idée reçue, le régiment "vert" de Hepburn était entièrement composé d'Allemands, seul son colonel étant écossais ; idem pour le régiment de Monro of Fowles).

En ce qui concerne l'apparence des troupes, je n'ai pas grand-chose à ajouter à ce qui a été dit plus haut. Les mercenaires étaient toujours acheminés jusqu'en Europe avec leurs vêtements "civils" sur le dos et ne recevaient d'uniformes qu'une fois arrivés à destination, et ce afin d'éviter les désertions (au 17ème siècle, où les vêtements étaient plus chers qu'aujourd'hui, une culotte, deux chemises et un pourpoint neufs pouvaient constituer une tentation sérieuse pour un prolo sans le sou, d'où la précaution élémentaire d'habiller et armer les hommes seulement à leur arrivée en Europe continentale afin d'éviter qu'il ne s'évaporent dans la nature en Ecosse avec leurs habits tout neufs). Les mercenaires écossais étaient tous habillés à la continentale, donc pas de tartan ni de folklore celtique sur le champ de bataille en ce qui les concerne, et ils étaient rigoureusement identiques aux combattants des autres nations en terme d'habillement. Les gravures d'époque comme les planches de Stettin qui représentent des Ecossais (ou des Irlandais, les Européens ne faisant pas toujours bien la différence entre les deux) montrent les gaillards tels qu'ils apparaissaient à la descente du bateau en Allemagne, et non tels qu'il étaient habillés ensuite par leurs employeurs. Je doute que les arcs aient survécu très longtemps à l'arrivée sur le continent, et si par chance certains étaient conservés, ils étaient presque à coup sûr laissés dans les bagages du régiment et jamais utilisés au combat, où ils auraient été une gêne plus qu'autre chose (on ne manie pas facilement un grand arc au milieu d'une manche de mousquetaires !).

Concernant la couleur des pourpoints portés par les mercenaires écossais au service suédois, Richard Brzezinski penche pour des uniformes gris, c'est-à-dire des tenues confectionnées en drap non teint (plus économique à l'achat que du drap rouge ou bleu). Dans les faits, le "gris" en question pouvait aller du beige clair au gris foncé en passant par le marron en fonction de la laine utilisée pour tisser l'étoffe.

Toujours en ce qui concerne les Ecossais, la France en a eu au moins cinq régiments à son service durant la guerre de trente ans : le plus ancien est celui d'Hepburn, formé en 1633 par Sir John Hepburn (qui avait commandé précédemment le régiment vert dans l'armée suédoise) et il est souvent rebaptisé Hébron dans les textes de l'époque. Stéphane Thion donne quatre régiments écossais au service de la France en 1643 en plus des Gardes Ecossaises, les régiments de Douglas, Gray, Lundy et Fullerton. Comme dans l'armée suédoise, l'apparence des hommes n'tait en rien différente de celle des régiments français et seuls leurs drapeaux révélaient leur origine écossaise (le drapeau d'Hepburn est connu et donné par Thion, il faudrait que je replonge dans le bouquin de Pierre Charrié pour vérifier si des descriptions des étendards portés par les autres unités ecossaises ont survécu).

Je m'arrête là avant de saouler définitivement tout le monde, mais il y aurait bien sûr moyen de continuer sur la question des mercenaires allemands et suisses au service de la France, notamment après la récupération par Richelieu de l'armée de Bernard de Saxe-Weimar en 1636.

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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Siaba » Mer Mai 08, 2019 9:51 am

Pas de soucis, Michel, c'est super intéressant.
Merci pour cet ajout au sujet…et si tu veux continuer sur les weimariens, fais toi plaisir :wink:
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Apa » Jeu Mai 09, 2019 11:27 am

Excellent, Michel ! :)

Si tu as d'autres infos du même type sur les Weymariens, n'hésite surtout pas.

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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Michel Le Deuxième » Dim Mai 12, 2019 10:50 pm

La vox populi s'étant exprimée... :mrgreen:

L'armée weimarienne naît de la défaite des troupes suédoises et protestantes à la bataille de Nordlingen en 1634. Une partie des rescapés s'en va grossir les rangs de l'armée suédoise de Johan Banér mais Bernhard de Saxe-Weimar parvient malgré tout à reconstituer un certain nombre de régiments à partir des débris de diverses unités allemandes durement éprouvées. Le 27 octobre 1635, il signe un accord avec la France par lequel il s'engage à maintenir sur pied une armée de 12 000 fantassins et 6 000 cavaliers en échange d'un financement annuel de 4 millions de livres et du titre de maréchal de France (ce qui ne l'empêche pas de demeurer parallèlement commandant en chef des forces de la Ligue de Heilbronn). Début 1636, l'armée weimarienne commence à opérer aux côtés de l'armée française.

Les régiments weimariens sont théoriquement composés de huit compagnies pour la cavalerie (soit environ 500 troupiers par unité) et de 12 compagnies de 100 hommes pour l'infanterie (soit 1 200 fantassins). Dans les faits, cette structure varie comme le montre la liste reproduite ci-dessous, notamment en ce qui concerne l'infanterie. Les régiments de cavalerie semblent quant à eux avoir majoritairement aligné leurs huit compagnies réglementaires même si certains optent pour 7 compagnies de cavaliers et une de dragons, cette dernière pouvant être détachée du régiment à l'occasion des batailles. A ce stade de la guerre, la distinction entre cuirassiers et arquebusiers ne semble plus avoir été de mise : tout le monde porte le buffle, augmenté ou non d'un plastron de cuirasse et d'une dossière en fonction des préférences du cavalier et/ou de ce qu'il y a de disponible dans les arsenals. La tête est protégée par un casque de type Zischagge ou par une simple calotte de fer portée sous le chapeau.

Sur le plan de la tactique, l'armée weimarienne suit l'évolution générale des armées de la deuxième moitié des années 1630 : l'infanterie opère désormais en battalions de 500 à 1 000 hommes , les régiments dont l'effectif est supérieur à 1 000 soldats étant répartis sur plusieurs bataillons. La cavalerie combat en escadrons, chaque régiment de 500 hommes étant théoriquement divisé en deux escadrons sur le champ de bataille (parfois plus, l'ordre de bataille pour Wittenweir en 1638 donnant le régiment de Rosen à trois escadrons au lieu de deux).

Il existe plusieurs ordres de bataille pour la période 1635-1639, mais le plus utile me semble être la liste datée du 22 mars 1639 que je reproduis ci-dessous et qui est extraite d'un ouvrage de William Guthrie. Il est normalement prudent de prendre ce qu'écrit Guthrie avec plus qu'un grain de sel (malgré sa réputation, il lui arrive d'être totalement à côté de la plaque, voire d'inventer certaines choses de toutes pièces), mais en l'occurrence l'info me paraît ici fiable, car recoupée par d'autres sources :

Régiments de cavalerie :

Bernhard Leib Kompanie 1 compagnie 100 h
Rosen 8 compagnies 588 h
Taupadel 8 compagnies 427 h
Nassau 8 compagnies 568 h
Ohm 8 compagnies 504 h
Muller (ex Potbus) 8 compagnies 405 h
Schon 8 compagnies 515 h
Caldenbach 8 compagnies 433 h
Kanoffsky 7 compagnies 421 h
Wittersheim (ex Wurtemberg) 7 compagnies 438 h
Rotenhan (ex Bodendorff, ex Ernst de Saxe-Weimar)7 compagnies 328 h
Garnison de Breisach 1 compagnie 100 h

Total : 79 compagnies 4827 hommes

régiments d'infanterie

Bernhard Leib 1 compagnie 300 h
Schönbeck 16 compagnies 1734 h
Hodiowa 9 compagnies 824 h
Hattstein 12 compagnies 1066 h
Forbus 10 compagnies 899 h
Flersheim 8 compagnies 1036 h
Bernhold 9 compagnies 808 h
Moser 9 compagnies 620 h
Wiederhold 12 compagnies 1200 h
Leslie (Ecossais & Irlandais) 7 compagnies 330 h

Total : 93 compagnies pour 8817 hommes

Il faudrait normalement y ajouter les régiments d'infanterie Quernheim et Kanoffsky, ainsi que le régiment de cavalerie Berg pour lequel je n'ai aucun détail. Le régiment d'infanterie Schmittberg ne fait pas partie de l'armée weimarienne, même s'il combat souvent à ses côtés : il s'agit d'un régiment allemand levé en janvier 1635 par Louis de Schmittberg (ou Schmidberg) pour le service de la France.

Un certain nombre d'unités portent le nom de régiments ayant combattu en Allemagne durant les campagnes de Gustave-Adolphe en 1631-1632. Le régiment Ohm avait servi à Breitenfeld et Lützen tandis que le régiment de Rotenhan est l'ancien régiment d'Ernst de Saxe-Weimar, l'un des frères de Bernhard. Il est difficile de dire s'ils ont conservé après 1635 les étendards portés au combat en 1632, d'autant que ces régiments ont sûrement absorbé les restes d'autres unités de cavalerie. Le régiment d'infanterie de Schönberg contient encore des vétérans de l'ancien Hovregiment (ou régiment jaune) de Gustave-Adolphe, mais il a été constitué en 1634 en amalgamant aussi des rescapés du régiment de Mitzlaff et du régiment personnel de Bernhard de Saxe-Weimar. La continuité avec l'armée suédoise de 1630-1634 est donc problématique, voire douteuse, même si j'ai lu ici et là que le régiment Schönbeck avait continué à recevoir des uniformes jaunes jusqu'en 1639 afin d'honorer la filiation avec le Hovregiment de 1630-1634 (je ne suis pas du tout certain que cela soit confirmé par des sources primaires, par contre).

Côté uniformes, il n'y a pas grand-chose de connu dans la mesure où je soupçonne fort qu'il n'y ait pas grand-chose à connaître. La cavalerie portait le buffle, ce qui la dispensait d'avoir des pourpoints d'une couleur uniforme, et l'infanterie devait avoir toutes les peines du monde à s'habiller correctement : la France, principal bailleur de fonds du duc Bernhard, payait mal et souvent en retard, et l'armée avait en permanence recours aux contributions; c'est-à-dire à l'impôt extorqué par la force aux régions où les troupes étaient cantonnées. Les weimariens n'avaient d'ailleurs pas bonne réputation et ils ont laissé de très mauvais souvenirs en Franche-Comté, où ils se sont aussi mal comportés que les armées de Mansfeld en Allemagne dans les années 1620. Avec la possible exception du régiment Schönbeck, l'uniformité n'était probablement pas une priorité pour les intendants de l'armée weimarienne, même si le sujet mériterait sans doute d'être davantage creusé. Qui sait, il y aurait peut-être des surprises...

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Siaba
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Re: Guerre de 30 ans mercenaires

Message par Siaba » Lun Mai 13, 2019 12:25 pm

Très intéressant. Merci! :D
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