Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

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Thierry Melchior
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Ven Jan 17, 2020 3:14 pm

De rien mon ami. :)
———

Si les « Souvenirs du capitaine Desbœufs » ne suffisent pas à démontrer l'efficacité du feu des tirailleurs : lire le début de la page 505 du tome 1 des mémoires du général Thibault.
J'ai d'autres exemples pour les incrédules sclérosés dans leurs pratiques d'autres règles (de jeu puisque S&B est une règle de simulation).

De toutes mes lectures il ressort que :
— le feu de l'ordre serré est inefficace sur les tirailleurs ;
— le feu des tirailleurs est terrible sur l'infanterie en ordre serré, évidemment, et aussi sur les soldats isolés ou repérables : officiers supérieurs, encadrement des unités, artilleurs ET tirailleurs ennemis (voir les Souvenirs du capitaine Desbœufs) !
— le feu des Rifles et autres soldats armés de carabines rayées est plus terrible que celui des tirailleurs armés de fusils parce qu'en plus de la précision la portée est plus importante.
Attention : l'avantage de portée de la carabine disparaît lors des combats en montagne (les campagnes d'Italie contre les Piémontais) et dans les obstacles (ou si la plaine est parsemée d'obstacles). C'est pour ça que les « carabiniers » combattent rarement seuls, un petit nombre d'entre eux suffit à paralyser les tirailleurs adverses en plaine ce qui oblige les unités en ordre serré à avancer à l'aveuglette.
Lors de la bataille de Toulouse les Rifles qui se découvrent sur l'ordre d'un jeune (con de) lieutenant se font tuer par les tirailleurs français, preuve qu'ils étaient à portée de tir !

C'est pour ça que les généraux n'aimaient pas les « tirailleries » qui tuaient du monde sans résultat !
Affaiblir l'ennemi c'est bien mais à un moment il faut attaquer pour le faire fuir !
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Ven Jan 31, 2020 10:42 am

Contrairement aux premières versions de S&B les colonnes de pelotons iront plus vite que la ligne (et encore plus vite quand elles seront fermées serrées en masse).
Je l'ai en tête depuis longtemps mais cet article de Rod MacArthur m'a décidé à franchir le pas.
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Korre » Sam Fév 01, 2020 1:41 pm

Mais ce sont les obstacles sur la carte, qui rende plus long le déplacement en ligne, si j'en crois les schémas. :D

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Thierry Melchior
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Sam Fév 01, 2020 3:20 pm

Oui, mais pas que, Korre. :)

Je dois avouer qu'au départ S&B devait sortir en version simple sans caractéristiques nationales (bataillon à 4 bases - ou plaquettes, mouvements et portées identiques, etc.), une version plus évoluée devant sortir ensuite si la version simple rencontrait un certain succès.
Sous la forte pression de plusieurs personnes, je l'ai rapidement modifiée avant sa sortie (d'où son retard) et ai ajouté un livret de caractéristiques nationales tenant uniquement compte des noms et « performances » des unités et… j'en suis resté là.

Grâce à Internet nous avons accès à de plus en plus de documents historiques et de réflexions contemporaines comme celle de Monsieur Rod MacArthur que je considère comme mon pair en connaissances historiques avec Diégo Mané, John Cook, Howie et Rory Muir et un ou deux autres (même si je n'ai pas toujours la même lecture et compréhension qu'eux 8) ).

Donc, oui, la colonne de peloton permet d'éviter les obstacles plus rapidement que la ligne mais il y a aussi le fait que la profondeur est plus facile à contrôler que la longueur surtout lorsque celle-ci concerne 6, 8, 10 ou 20 unités en ligne côte à côte ! Petit rappel : le bataillon est l'unité de l'infanterie et l'escadron celle de la cavalerie.
Et la profondeur est encore plus facile à contrôler quand les écarts réglementaires entre les sous-unités (pelotons) sont réduits voire nulles !
En effet, à distance ouverte, semi-ouverte et à quart de distance, l'encadrement doit veiller à ce que l'écart entre les sous-unités (divisions, pelotons ou sections) reste constant afin de permettre le passage en ligne par le flanc. Si l'unité est en colonne fermée ou, mieux, fermée serrée en masse, l'intervalle est inexistant et les soldats peuvent marcher sans devoir s'arrêter ou accélérer pour maintenir l'écart avec ceux qui les précèdent.
Et c'est bien le maniement des colonnes qui fait tout le sel de la tactique napoléonienne (la tactique perpendiculaire), je considère qu'une règle qui ne permet pas le passage de colonne à ligne par le flanc n'est pas une règle napoléonienne, c'est une règle guerre en dentelles mais avant Frédéric le Grand… ou une règle de jeu avec des dés et malheur à celui qui a la scoumoune ! :mrgreen: (smiley moqueur)

———

L'article de Rod MacArthur, j'ai collé ses croquis et les images des règlements (je n'ai pas corrigé la traduction googlesque) :

Exercices d'évitement d'obstacles
Ceci est un extrait de mon livre inédit sur la tactique, que j'ai commencé à écrire il y a plus de 30 ans, mais que je n'ai jamais terminé. Il couvre les exercices d'évitement d'obstacles, utilisés par toutes les armées lorsqu'elles se déplacent en colonne ou en ligne.

Je l'ai écrit à l'origine sur la base du Règlement britannique de 1792, mais j'ai ajouté quelques extraits à la fin du Règlement français de 1791, du Règlement prussien de 1812 et du Règlement américain de 1794 von Steuben, pour montrer que toutes les nations utilisaient des exercices similaires.

Exercices d'évitement d'obstacles
La réglementation britannique spécifiait que les différentes étapes seraient utilisées à la fois pour la ligne et la colonne. L'utilisation de chacune de ces étapes est définie comme suit: -

Étape ordinaire (75 pas par minute).

«Étant le rythme en toutes occasions, à moins qu'une plus grande célérité ne soit particulièrement ordonnée, la recrue doit être soigneusement formée et parfaitement instruite dans cette partie la plus essentielle de son devoir, et parfaitement faire comprendre, qu'il doit la maintenir pendant de longues périodes de le temps ensemble, à la fois en ligne et en colonne, et sur un sol accidenté et lisse, sur lequel il peut être amené à marcher ». (I, référence à la fin de l'article)

Étape rapide (108 pas par minute).

«Utilisé dans le classement de ligne en colonne ou colonne en ligne et par colonne de manœuvre du bataillon lors d'un changement de position indépendant. Peut parfois être utilisé dans la colonne de marche de petits corps, lorsque la route est lisse et qu'aucun obstacle ne se produit, mais dans la marche en ligne d'un corps considérable, ce n'est pas nécessaire, et très rarement dans une colonne de manœuvre, dans le cas contraire, la fatigue doit survenir chez le soldat et plus de temps sera perdu par la hâte et l'inexactitude que ce que l'on essaie de gagner par la rapidité ». (II)

L'étape la plus rapide (120 pas par minute).

«Principalement dans le but de rouler. En ce temps aussi, les divisions [entreprises] devraient doubler et monter lorsque les obstacles passent en ligne ou lorsque dans une colonne de marche le front des divisions augmente ou diminue ». (III)

La course à pied était généralement découragée dans la réglementation britannique mais était sanctionnée dans des circonstances exceptionnelles telles que définies ci-dessous:

«Une compagnie ou une division peut parfois courir, un bataillon peut parfois faire un pas rapide, mais le fait de précipiter une grande colonne ou un corps se déplaçant en face provoquera certainement confusion et désordre. Il ne doit jamais être risqué lorsqu'un ennemi est en présence, mais il peut parfois être nécessaire de saisir un poste ou une situation ». (IV)

Ce découragement a été modifié dans le cas de l'infanterie légère avec la déclaration:

«Un bataillon d'infanterie légère peut parfois recevoir l'ordre de se présenter pour anticiper qu'un ennemi va occuper un poste particulier; mais ce faisant, le plus grand soin doit être pris pour éviter toute confusion ». (V)

À première vue, les colonnes et les lignes pouvaient donc se déplacer exactement à la même vitesse, le commandant commandant simplement le bataillon dans la formation requise, puis sélectionnait le taux de marche qu'il voulait. Dans la pratique, cependant, certains facteurs ont conduit les colonnes à se déplacer plus rapidement que les lignes. La réglementation britannique a reconnu la difficulté de faire marcher un seul bataillon en ligne comme suit:

«La marche du bataillon en LIGNE, soit vers l'avant, soit vers l'arrière, étant le mouvement le plus important et le plus difficile de tous, chaque effort du commandant, et tous les efforts des officiers et des hommes, deviennent particulièrement nécessaires pour atteindre ce but. . Les grandes et indispensables conditions de cette opération sont, la direction de marche étant perpendiculaire au front du bataillon alors debout; la parfaite équerrage des épaules et du corps de chaque individu; la touche légère des fichiers; l'égalité précise de cadence et de longueur de pas, donnée par les sergents avancés, que le bataillon, à tous égards, couvre, suit et respecte. Si ceux-ci ne sont pas observés, sa direction sera perdue; l'ouverture, la fermeture, le flottement auront lieu et le désordre se produira, quelle que soit la ligne dont il fait partie,(VI)

En ce qui concerne la marche dans une ligne multi-bataillon, la réglementation britannique indique:

«Si la marche correcte d'un seul bataillon requiert tant d'attention et de précision, il est évident que celles-ci doivent être redoublées pour procurer le juste mouvement d'une ligne, qui est l'opération qui mène à l'ennemi, et qui est la plus difficile et la plus matérielle. de toutes les manœuvres. » (VII)

«La marche d'un corps considérable en ligne ne peut être qu'au pas ordinaire; un mouvement plus rapide produirait du désordre, et l'artillerie ne pourrait pas bien assister à ses mouvements quand elle s'avancerait vers l'ennemi: mais il y a des situations où une brigade ou un front plus petit doit passer à un objet particulier ou à une attaque à un pas prolongé, ou où même une cadence plus rapide peut leur être demandée. » (VIII)

Il ressort clairement de ces extraits et de divers mémoires qu'une longue ligne, en particulier une multi-bataillon, avait tendance à serpenter, ce qui était évidemment plus difficile à corriger à des taux de marche plus élevés. Les colonnes, avec leur façade plus petite, n'ont pas souffert de ce même problème. Ce problème serait plus aigu pour les troupes moins bien entraînées, comme l'ont été de nombreux conscrits napoléoniens. Cependant, la principale raison de la sélection de différents taux de marche réside dans l'exercice anti-obstacle pratiqué tout au long de l'époque. Ceci était pratiquement identique pour toutes les nations et est décrit dans la réglementation britannique sous la section intitulée «PASSAGE DES OBSTACLES LORSQUE LE BATAILLON MARCHE EN LIGNE» comme suit:

«Lorsque le bataillon marche soit vers l'avant soit vers l'arrière, les obstacles partiels qui se présentent seront franchis, par la formation, la marche et le déploiement, de la colonne rapprochée. Les parties qui ne sont pas interrompues avancent toujours devant; les parties interrompues, doublées par des divisions ordonnées, derrière un ou des flancs contigus, et suivent de cette manière en colonne serrée dans leur ordre naturel. Au fur et à mesure que le sol s'ouvre, déployez successivement et perfectionnez à nouveau la ligne. - Les colonnes sont toujours derrière la ligne, et la marche s'est fermée. - La partie formée du bataillon, qu'elle avance ou se retire, continue d'avancer au rythme ordinaire, et à mesure que les obstacles augmentent ou diminuent, les parties formées ou en colonne de la ligne augmenteront ou diminueront. » (IX)

La réglementation britannique stipule en outre que les colonnes ainsi formées doivent être des sous-divisions (moitié façade de la compagnie) à moins que la moitié ou plus du bataillon doive former une colonne, auquel cas elles seront formées sur une façade de la compagnie. (X) Il existe un excellent diagramme montrant ce processus dans la réglementation britannique (XI) dont les principes de base ont été extraits pour créer la version légèrement simplifiée ci-dessous.

Image

Le diagramme montre un bataillon d'infanterie qui avance dans la ligne (A) et, comme déjà indiqué, il a tenté de maintenir le même taux et la même direction, quels que soient les obstacles sur son chemin. Au fur et à mesure qu'ils avancent, l'aile droite est bloquée par les bois (B), de sorte que la compagnie du flanc droit recule de moitié et forme une colonne étroite derrière la deuxième compagnie. La réglementation stipule que cette formation d'une colonne étroite de demi-sociétés doit être accomplie par la société bloquée en arrêtant brièvement puis en effectuant l'exercice standard pour réduire la façade d'une colonne (comme indiqué dans l'article sur les mouvements de base et les exercices de formation).). Le reste du bataillon continue exactement au même rythme et dans la même direction. Une fois que la ligne a dépassé les bois, la compagnie du flanc droit reprend sa place dans la ligne (C) en doublant vers l'avant à 120 pas par minute (c'est l'une des utilisations spécifiquement indiquées pour cette vitesse de déplacement, comme indiqué en détail ci-dessus). (XII) Le diagramme montre alors une situation similaire se produisant sur l'aile gauche (D) qui est résolue par la compagnie du flanc gauche formant de la même manière une colonne proche jusqu'à ce qu'elle efface les bois et qu'elle reprenne sa place dans la ligne (E). Exactement le même processus serait effectué si l'une des sociétés centrales était bloquée, comme le montre le diagramme en (F), et encore une fois, cette société formerait une colonne proche pour passer l'obstacle et reprendrait ensuite sa place dans la ligne (G) . Si l'obstacle était plus large qu'une seule entreprise, les deux entreprises pouvaient chacune former une colonne étroite et se déplacer vers l'extérieur sur leurs flancs respectifs pour éviter l'obstacle comme indiqué en (H), reprenant à nouveau leur place dans la ligne une fois l'obstacle franchi (I) . Si l'obstacle était particulièrement important, comme indiqué en (J), la colonne de fermeture peut être constituée de plusieurs sociétés. Celles-ci continueraient cependant à se former en colonne de demi-compagnies à moins que plus de la moitié du bataillon ne doive se former en colonne, auquel cas une colonne de compagnies serait formée. Une fois l'obstacle franchi, une telle colonne plus grande se replongeait à nouveau.

À l'aide de cette perceuse, il a évidemment fallu du temps à l'élément qui avait été bloqué pour rattraper la ligne. Cela était relativement facile si la ligne se déplaçait au rythme ordinaire et la section bloquée, après avoir franchi l'obstacle, se déplaçait en colonne à un rythme accéléré. Le problème pour les troupes napoléoniennes du XVIIIe siècle était que, selon la réglementation, l'élément bloqué ne pouvait pas se déplacer plus vite que le double de 120 pas par minute. S'il était donc décidé de déplacer la ligne au pas rapide de 108 pas par minute, il faudrait plus de temps pour que l'élément bloqué rattrape. Pour un 18e ligne du siècle, toute augmentation du temps de fragmentation de la ligne était hautement indésirable. Si une ligne elle-même se déplaçait à l'étape la plus rapide de 120 pas par minute, alors tout élément bloqué ne pouvait que rattraper en courant, ce qui était fortement déconseillé dans la réglementation. (XIII) La probabilité qu'une ligne rencontre de nombreux obstacles nécessitant de tels exercices d'évitement était évidemment très élevée dans les lignes de bataille multi-bataillons du 18 e siècle, soit une dizaine de bataillons ou plus, tous avançant ensemble en ligne jusqu'à 2 miles de largeur. Même à l'époque napoléonienne, les bataillons ne manœuvraient normalement pas de manière totalement indépendante et une ligne de progression était susceptible d'être formée d'un minimum d'une brigade, peut-être de 3 à 6 bataillons avec une façade d'au moins un demi-mille.

Il était donc parfaitement possible pour un commandant de bataillon ou de brigade napoléonien d'ordonner ses troupes et de leur dire d'avancer au pas rapide (100-108 pas par minute) ou au pas le plus rapide (120 pas par minute). Indépendamment du niveau élevé de formation requis pour empêcher la ligne de serpenter à ces taux de marche plus élevés, le vrai problème était qu'un bataillon en ligne se déplaçant à une telle vitesse serait fragmenté s'il rencontrait des obstacles, car les éléments bloqués auraient la plus grande difficulté à rattraper son retard. Un commandant de bataillon devrait être très sûr qu'il n'allait pas rencontrer d'obstacles, qu'il s'agisse de terrain ou de débris de champ de bataille, s'il devait déplacer une ligne à des vitesses plus élevées. La visibilité sur le champ de bataille étant ce qu'elle était, une telle décision était très dangereuse.

À titre de comparaison, le schéma ci-dessous montre le foret d'évitement d'obstacles utilisé par le même bataillon avançant sur le même terrain en colonne.

Image

Le bataillon est indiqué dans une colonne d'un quart de distance (A) qui était la pratique britannique standard en cas de menace de cavalerie. À mesure qu'elle avance, elle rencontre beaucoup moins d'obstacles que la ligne en raison de sa façade plus étroite (B). Lorsqu'un obstacle est rencontré, représenté ici comme l'étang, la colonne roule simplement (C), passe d'un côté de l'obstacle, retourne à l'alignement d'origine (D) et reprend la marche. À la suite d'une telle avancée en colonne, le concept décrit par Guibert s'attendrait à ce qu'une ligne soit formée par un déploiement perpendiculaire juste à l'extérieur de la portée de mousqueterie ennemie (E).

Un bataillon qui avance en colonne rencontre donc beaucoup moins d'obstacles que lorsqu'il avance en ligne en raison de sa façade beaucoup plus petite. Si une colonne rencontrait un obstacle, elle pouvait facilement le négocier simplement en faisant le tour de l'obstruction sans risque de heurter les colonnes voisines. Il n'était pas nécessaire de fragmenter la colonne pour éviter les obstacles comme le forage en ligne. En conséquence, rien n'empêchait un commandant de bataillon de sélectionner des taux de marche plus élevés pour les colonnes que ce qui était prudent lorsqu'il était en ligne. En théorie, les colonnes pourraient donc facilement se déplacer au pas rapide (100-108 pas par minute) ou au pas britannique le plus rapide (pas de charge français) de 120 pas par minute sans crainte de désorganisation.

Les commandants napoléoniens attaquant l'ennemi devaient donc non seulement décider quelle formation ordonner à leurs troupes d'adopter, mais aussi la vitesse de marche, équilibrant la formation et la vitesse contre le potentiel de désorganisation. Les bonnes règles du jeu de guerre napoléonien devraient donner aux joueurs les mêmes choix.

I. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Section 6. P6
II. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Article 16. P14
III. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Section 17. P14
IV. Règles et règlements pour les formations, les exercices sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Article 79. P79
V. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P279
VI. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P220
VII. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P333
VIII. Règles et règlements concernant les formations, les exercices sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P334
IX. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P233
X. Règles et règlements pour les formations, l'exercice sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. P233-234
XI. Règles et règlements pour les formations, les exercices sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Planche 9. Schéma 34
XII. Règles et règlements pour les formations, les exercices sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Section 17. P14
XIII. Règles et règlements pour les formations, les exercices sur le terrain et les mouvements des forces de Sa Majesté 1792. Section 79. P79

———

Le schéma original d'un bataillon avançant dans la ligne du règlement britannique de 1792 est ci-dessous:

Image

Vous trouverez ci-dessous des extraits des règlements d'autres nations concernant ce même exercice:
Règlement français 1791
Image

Règlement prussien de 1812
Image

Règlement américain de 1794 par von Steuben
Image
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Mar Fév 04, 2020 7:25 pm

Je sais tout ceci depuis plus de vingt ans (depuis 1998 et mes lectures de règlements de manœuvres et de First Empire — où écrivait Mister Rod MacArthur, d'ailleurs). ;)

On peut toujours charger une table en obstacles divers et variés : meules de paille ou de foin, touffes d'arbustes, arbres isolés (oliviers, pommiers), cabanes, carrioles renversées, caissons détruits, cadavres de chevaux, etc., ça fait tellement joli et réaliste…
MAIS, à l'échelle du jeu, ces obstacles sont immenses !
Rappel pour les lecteurs qui ne possèdent pas la règle : dans S&B, la largeur d'un socle de figurine représente le front occupé par 12 fantassins (ou cavaliers), en comptant 0,51 mètre par fantassins on obtient donc 6,12 mètres, c'est la largeur d'une très belle meule en campagne mais c'est tout petit sur la table !

Conclusion : ces obstacles ne peuvent pas être représentés à leur taille réelle sur la table (c'est-à-dire à l'échelle de réduction du jeu), MAIS une zone avec une ou plusieurs meules — à l'échelle des figurines — posées dessus sera annoncée comme surface cultivée, une zone avec un plusieurs arbres sera annoncée comme une zone d'abris légers (vergers, oliveraie…), etc.
On voit donc qu'il suffit de poser une zone et d'annoncer sa qualité (voire de la décorer) pour appliquer une règle donnant la vitesse de l'unité en fonction de sa formation : dans une zone cultivée ou d'abris légers une unité en colonne restera à vitesse accélérée alors qu'une unité en ligne sera toujours à vitesse ordinaire.
Les possesseurs de S&B connaissent son système de zones de terrain. 8)
Je dois « juste » me pencher sur les vitesses des fantassins de chaque nation pour améliorer les caractéristiques nationales ! :?
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Xaverus » Ven Fév 07, 2020 2:11 pm

Thierry Melchior a écrit :
Ven Jan 31, 2020 10:42 am
Contrairement aux premières versions de S&B les colonnes de pelotons iront plus vite que la ligne (et encore plus vite quand elles seront fermées serrées en masse).
Je l'ai en tête depuis longtemps mais cet article de Rod MacArthur m'a décidé à franchir le pas.
encore un lien des plus utiles et passionnants !

Coté modélisation ludique certaines règles le font très simplement. Par exemple dans Tercios, les troupes ne sont pas impactées par les obstacles aussi longtemps que le centre du front de l'unité ne traverse pas le dit obstacle et qu'une partie suffisante de l'unité peut se déplacer un terrain normal. J'ai bien aimé ce principe tout simple (attention, ce n'est pas une règle de simulation et elle traite de XVIIème siècle mais l'idée était là).

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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Xaverus » Ven Fév 07, 2020 4:10 pm

Thierry Melchior a écrit :
Ven Jan 17, 2020 3:14 pm

De toutes mes lectures il ressort que :
— le feu de l'ordre serré est inefficace sur les tirailleurs ;
— le feu des tirailleurs est terrible sur l'infanterie en ordre serré, évidemment, et aussi sur les soldats isolés ou repérables : officiers supérieurs, encadrement des unités, artilleurs ET tirailleurs ennemis (voir les Souvenirs du capitaine Desbœufs) !
— le feu des Rifles et autres soldats armés de carabines rayées est plus terrible que celui des tirailleurs armés de fusils parce qu'en plus de la précision la portée est plus importante.
Attention : l'avantage de portée de la carabine disparaît lors des combats en montagne (les campagnes d'Italie contre les Piémontais) et dans les obstacles (ou si la plaine est parsemée d'obstacles). C'est pour ça que les « carabiniers » combattent rarement seuls, un petit nombre d'entre eux suffit à paralyser les tirailleurs adverses en plaine ce qui oblige les unités en ordre serré à avancer à l'aveuglette.
Lors de la bataille de Toulouse les Rifles qui se découvrent sur l'ordre d'un jeune (con de) lieutenant se font tuer par les tirailleurs français, preuve qu'ils étaient à portée de tir !

C'est pour ça que les généraux n'aimaient pas les « tirailleries » qui tuaient du monde sans résultat !
Affaiblir l'ennemi c'est bien mais à un moment il faut attaquer pour le faire fuir !
Dans beaucoup de règles les tirailleurs sont sous estimés et/ou mal modélisés. De plus, l'effet psychologique et ses résultats dilués dans le temps s'opposent par exemple à la rencontre entre deux unités dans un temps très court et qui génèrent souvent un résultat rapide. Donc pas facile de trouver 2 mécanismes qui s'emboitent sans casser le rythme de jeu.
De plus, ludiquement les joueurs ne sont pas habitués à voir des tirailleurs avoir un effet important sur la bataille et n’apprécient pas toujours cette composante essentielle qui nécessite souvent de faire de la micro gestion pour infliger quelques pertes (la faute aux créateurs de règles qui modélisent ainsi les effets car ils représentent surtout les "pertes" plutôt que d'inventer des mécaniques nouvelles, même si au niveau des règles d'armées/corps d'armées des solutions ludiques commencent à plaire, cf les écrans de tirailleurs au niveau de la division etc).

Du coté des auteurs contemporains c'est évidement pire, le conservatisme et les habitudes d'une caste militaire minimise ou discrédite certains nouveaux aspects de l'art de la guerre, particulièrement si elle est à leurs dépends ou ne respecte pas certaines "règles" ou habitudes.
Il suffit de voir comme l'arbalète est traitée par les chevaliers ou plus tard l'artillerie servie par des civiles, la mitrailleuse véritable reine (veuve noire) du champs de bataille etc. A l'époque Napo les cosaques ont eu le même traitement de "non reconnaissance" de leurs résultats de cavaliers légers... avec une couche de dénigrement pour mieux réduire leur crédibilité.

Il n'est pas intuitif pour un lecteur/joueur de comprendre et d'accepter que le combat/matériel asymétrique n'est pas systématiquement à l'avantage du plus nombreux/puissant comme par exemple quelques tirailleurs (tir ajusté) dispersés face à une belle grosse ligne en ordre serré (tir horizontal avec gêne des voisins et rang arrière le tout sur cible isolé mobile).
Les préceptes militaires viennent en temps de guerre souvent s'écraser sur leur application où la réalité d'une situation dans lieu et à un moment donné produit des résultats différents que ceux attendus (la pratiques par opposition à la théorie).

Il y a de quoi écrire un livre sur le sujet, tellement c'est passionnant et complexe. :?

Voici un exemple non guerrier tout simple du monde animal :
Pour protéger son champ et faire fuir des éléphants gourmands il vaut mieux avoir une simple ruche d'abeille plutôt que de l'affronter soit même avec sont 4x4 ou de construire une clôture qui sera rapidement arrachée. Peu connue (reconnue) cette technique est peu répandue et utilisée malgré ses résultats probants et son coût dérisoire.

En revanche, de manière surprenante, dans les films ou la littérature cela passe mieux d'un point de vue de l’acception. Par exemple David avec sa fronde vs Goliath, ou bien les 2 hobbits dont l'action à plus de poids et d'efficacité (s'infiltrer au pays de l'ennemi et y détruire son objet de pouvoir) que des armées d'hommes en armures etc.

En tout cas bon courage pour ce passionnant sujet traitants des tirailleurs et aussi du tir en général, nous profiterons avec plaisir de tes découvertes de sources complémentaires et parfois nouvelles ou peu connues 8)

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Message par Thierry Melchior » Ven Fév 07, 2020 4:48 pm

Xaverus a écrit :Encore un lien des plus utiles et passionnants !
Côté modélisation ludique, certaines règles le font très simplement. Par exemple dans Tercios, les troupes ne sont pas gênées par les obstacles aussi longtemps que le centre du front de l'unité ne traverse pas le dit obstacle et qu'une partie suffisante de l'unité peut se déplacer un terrain normal. J'ai bien aimé ce principe tout simple (attention, ce n'est pas une règle de simulation et elle traite de XVIIe siècle mais l'idée était là).
Merci Xaver. :)
Oui, c'est un principe simple, tu peux voir l'équivalent page 72 de S&B (puisque tu possèdes S&B depuis bientôt quatre ans) : « Le passage d'obstacle ». 8)
Promis, je n'ai pas copié Tercios (que je ne connaissais pas en 2012) ! :wink:
Tout dépend de la taille des obstacles, car à l'époque qui m'intéresse il y a une limite réglementaire au nombre de peloton qui peut s'effacer quand l'unité est en ligne, les deux tiers (comme dit page 72) dans le règlement français. 8)
Je n'avais pas étendu cette règle aux zones d'abris légers, chose que je dois rectifier, donc. :wink:
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Ven Fév 07, 2020 7:43 pm

Merci pour cette nouvelle intervention, Xaver. :)
J'ignorais que les éléphants avaient peur ou étaient effrayés par les abeilles, merci pour cette information. 8)

Tu as raison dans tout ce que tu as écrit et tu sais que c'est mon leitmotiv de changer les choses dans les règles et dans les esprits.
J'avance dans les modifications de règle de S&B. Des récits contemporains comme celui ci-dessus et celui du capitaine Desbœufs à la bataille de Znaïm m'incitent à augmenter l'effet destructeur des tirs de tirailleurs, en plus de leur effet moral qui existe déjà dans S&B.
Je pense que les règles ne permettent pas aux joueurs d'utiliser le tir comme réellement quelle que soit la période historique (pierres, flèches, balles, etc.) et pourtant le tir précédait les attaques qui y étaient subordonnées ceci à toutes les époques (je ne parle pas des surprises : attaque de flanc, etc.)
Une attaque, contre-attaque, non préparée par le feu doit rebondir sauf moral exceptionnel (et encore) !
Donc, soit j'augmente la puissance de tirs des tirailleurs en multipliant leur efficacité par 10 (c'est-à-dire en comptant 10 minutes de tir dans une minute) soit j'incite les joueurs à jouer plusieurs tours de jeu en utilisant uniquement leurs tirailleurs et leur artillerie… comme dans la réalité !
Peut-être pourrais-je autoriser les tirailleurs à se trouver dans le no man's land dès le début de la partie ? Ainsi la canonnade de début de partie concernerait les batteries ET les tirailleurs, en multipliant les effets des tirs par un facteur à déterminer. À étudier… et tester !

Ceci dit, il semble bien que les unités en ordre serré pouvaient arriver à courte portée et se fusiller mutuellement jusqu'à ce que l'une d'entre elles craque en fuyant ou… en chargeant (la fuite en avant) !
Oui, il y a deux « mécanismes » mais je ne dirais pas qu'ils s'emboîtent, je dirais plutôt qu'ils se suivent et que la rencontre entre deux unités en ordre serré est tributaire du feu préalable.

La suite bientôt… 8)
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Message par Thierry Melchior » Dim Fév 09, 2020 3:52 pm

Xaverus a écrit :De plus, ludiquement les joueurs ne sont pas habitués à voir des tirailleurs avoir un effet important sur la bataille et n’apprécient pas toujours cette composante essentielle qui nécessite souvent de faire de la microgestion pour infliger quelques pertes (la faute aux créateurs de règles qui modélisent ainsi les effets car ils représentent surtout les « pertes » plutôt que d'inventer des mécaniques nouvelles, même si au niveau des règles d'armées/corps d'armées des solutions ludiques commencent à plaire, cf les écrans de tirailleurs au niveau de la division etc.)
Donc, je continue sur ton intéressante intervention, Xaverus :) (pour une fois que quelqu'un intervient dans mon sujet :wink: ).
Le feu tue ! — disait le maréchal Foch — c'est vrai et c'est ce qui ressort de plus en plus de mes lectures de récits contemporains : l'artillerie et les tirailleurs font énormément de dégâts mais les unités en ordre serré sont également « efficaces » quand elles sont à courte portée d'une autre unité en ordre serré.
Les auteurs de règles ludiques se basent sur les tableaux de pertes de vieilles règles dont les créateurs n'avaient pas accès aux sources contemporaines factuelles dont nous disposons maintenant grâce à Internet.
Pour les tirailleurs je pense que le problème vient du nombre de figurines les représentant, dans S&B j'y avais pallié en multipliant par deux les pertes infligées par les tirailleurs mais ce n'est peut-être pas suffisant ?
De même, j'étais persuadé que les tirailleurs n'avaient pas beaucoup de pertes… et bien si !, et je pense que c'est pour ça que les voltigeurs (et autres pelotons d'élite) étaient envoyés loin devant avant la bataille et que c'était les fusiliers (et autres chasseurs) qui étaient envoyés en tirailleurs devant les unités au début de la bataille (les pelotons d'élite étant là en soutien). En effet, il ressort de mes lectures que le commandement cherche toujours à protéger les troupes d'élite sous ses ordres (du peloton de voltigeurs à la division de Vieille Garde).
Comme je l'ai déjà dit, dans S&B, être sous le feu de tirailleurs donne un fort malus moral mais je pense que ce n'est pas suffisant, les pertes doivent être fortes afin que le joueur soit rapidement obligé de remplacer ses unités affaiblies par des unités fraîches (celle en deuxième ligne) OU puisse perforer la première ligne ennemie (ligne signifie ici plusieurs unités côte à côte).

Dans S&B une période de jeu équivaut à environ une minute - une minute trente réelle, ce qui ne représente pas beaucoup de tirs, je peux donc multiplier les pertes pendant la canonnade du début de partie comme je l'ai déjà écrit dans un autre message OU BIEN assujettir le taux de pertes au nombre de tours de jeu prévus ! Une idée que je vous remercie de ne pas copier… :|
Les joueurs décident le nombre de tour de jeu en fonction du temps dont ils disposent (une fois tout installé), ce nombre définissant un coefficient multiplicateur de pertes (je n'entre pas dans le détail), ainsi des joueurs qui ne pourraient joueur qu'un tour multiplieraient les pertes par 60 ou 40, par exemple.
Je dois creuser cette idée en définissant le mieux possible les pertes réelles infligées par les différents types d'arme en une minute de temps réel.

La suite plus tard… 8)
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Lun Fév 10, 2020 3:00 pm

Une petite pause dans ma réponse à Xaverus. :)
———

Témoignages contemporains : « C'est comment la guerre ? En vrai ? »

Texte trouvé sur : http://www.demi-brigade.org/quistorp.htm
Traduction DeepL avec un peu de Google Translate
Si vous maîtrisez l'allemand et que vous constatez des erreurs dans la traduction je serais ravi que vous m'en fassiez part, merci d'avance pour votre aide. :D
———

Les explications compréhensibles du déroulement d'une bataille, des raisons de l'échec d'une attaque et de la réussite d'une autre, des raisons de la fuite des unités et de la résistance des autres au feu, sont relativement rares. La seule exception, pour autant que je sache, est The Face of Battle de John Keegan, publié à Londres en 1975 et en Allemagne en 1978 sous le titre Die Schlacht in Deutschland par Econ-Verlag, plus tard publié en livre de poche sur la télévision numérique. C'est pourquoi j'ai rassemblé ici quelques textes à ce sujet.

Tout d'abord, représentatif de nombreux ouvrages de mémoire qui décrivent une bataille du point de vue du soldat individuel, un court extrait du 4e chapitre du 1er livre de la 1re partie de l'ouvrage Vom Kriege de Carl von Clausewitz :

Des dangers de la guerre.
[...] Emmenons la recrue sur le champ de bataille. A l'approche de la bataille, le tonnerre de plus en plus clair des canons alterne finalement avec le hurlement des boulets, qui attire désormais l'attention des inexpérimentés. Les boulets commencent à frapper de près devant et derrière nous. Nous nous précipitons vers la colline sur laquelle le général commandant et ses nombreux partisans s'arrêtent. Ici, l'impact rapproché des boulets de canon, le fracas des obus, est si fréquent que le sérieux de la vie est poussé par l'imagination juvénile. Soudain, une connaissance tombe - elle a été frappée par un obus et produit quelques mouvements involontaires - on commence à sentir qu'on n'est plus complètement calme et recueilli ; même la personne la plus bien élevée est au moins quelque peu dispersée. - Maintenant, un pas dans la bataille qui fait rage devant nous, presque comme un spectacle, vers le général de division suivant ; ici, balle après balle, et le bruit de ses propres armes augmente la dispersion. - Du général de division au général de brigade - celui-ci, d'une bravoure reconnue, s'arrête prudemment derrière une colline, une maison ou derrière des arbres ; - un représentant sûr du danger croissant - les cartouches cliquettent dans les toits et les champs, les boulets de canon se précipitent sur nous et au-dessus de nous dans toutes les directions, et un sifflement fréquent des balles de fusil s'installe ; - un pas de plus vers les troupes, vers l'infanterie, qui résistent avec une indescriptible fermeté dans le combat qui dure une heure ; - ici l'air est rempli de balles sifflantes, qui annoncent bientôt leur proximité par le son court et aigu, avec lequel elles volent à quelques centimètres de l'oreille, de la tête et de l'âme. A l'abondance de la pitié à la vue de ceux qui sont mutilés et qui tombent bat la lamentation sur notre cœur qui bat.
[...] Il est vrai que l'habitude ternit très vite ces impressions ; au bout d'une demi-heure, nous commençons à devenir plus indifférents à tout ce qui nous entoure, certains plus, d'autres moins ; mais une personne ordinaire n'atteint pas toujours la totale impartialité et l'élasticité naturelle de l'âme [...]

Les extraits suivants de l'ouvrage Die Kaiserlich Russisch-Deutsche Legion, publié à Berlin en 1860, écrit par Barthold von Quistorp, qui était alors capitaine et professeur à l'école de guerre de Potsdam, sont particulièrement précieux. Quistorp, né en 1825 et entré en 1844 dans le 31e régiment d'infanterie prussien, aux campagnes duquel il a participé en 1848/49, a terminé sa carrière militaire active en tant que lieutenant général en 1883. Il est encore connu de certains pour son remarquable ouvrage Geschichte der Nord-Armee (Histoire de l'armée du Nord) en 1813, qui a été publié en trois volumes à Berlin en 1894.

Dans l'introduction de sa Légion impériale russo-allemande, il énumère une longue liste de participants à la campagne et de témoins oculaires des guerres de libération, auprès desquels il a obtenu des informations pour écrire son livre.

Effet des tirs d'artillerie. (Quistorp, page 64)
Chaque boulet de canon frappant une troupe fermée fait s'éclabousser momentanément ceux qui sont debout au début, comme une pierre qui vole dans l'eau. Une fois la première impression passée, avec une bonne troupe, tout reprend rapidement sa place, comme les gouttes d'eau éparses qui s'écoulent à nouveau ensemble au point le plus profond. Mais plus les balles frappent vite l'une après l'autre, plus le ramassage est imparfait, et il est particulièrement difficile de garder son calme dans la cavalerie, où les mouvements involontaires de poing et de cuisse provoqués par la surprise produisent un effet différent de celui de l'infanterie. Ce n'est que dans les troupes testées au feu que ces phénomènes ont tendance à être limités dans une faible mesure ; dans la cavalerie surtout, après que les chevaux soient devenus ternes et insensibles aux impressions extérieures en raison des maigres rations et de l'effort de la campagne. On en arrive alors au point où l'animal tourne à peine la tête d'un côté lorsqu'on lui tire une oreille.

Charge à baïonnette. (Note à la page 92)
On mène des attaques fermées sur le terrain d'entraînement de la manière dont on souhaite le faire dans la réalité, mais on n'y parvient jamais ; c'est-à-dire en direction et au coup de pied stricts, jusqu'au dernier moment à un rythme contrôlé, et à 20 pas de l'ennemi supposé, le fusil est abattu. Sur le champ de bataille, il n'est presque jamais possible de suivre un pas ; tout ce que l'on peut obtenir, c'est que seule la queue de la colonne soit maintenue à proximité, avec l'encouragement constant des officiers, et que le tout forme une masse solide. Le battement du tambourin est de la plus grande utilité ; mais pas pour suivre - car c'est en vain - mais pour ranimer le courage. Cela fait bonne impression lorsque la marche de la tempête résonne partout à droite et à gauche, et que chaque soldat se rend compte qu'il n'est pas le seul à avancer effrontément, mais bien l'ensemble des camarades.

Si l'attaque à la baïonnette progresse bien, les tirailleurs ennemis commencent d'abord à s'esquiver ; si enfin le feu de la ligne fermée ne l'arrête pas, on le voit d'abord sur un point, puis on fait peu à peu demi-tour partout et on s'enfuit désordonnément. Ce succès ne vient en effet pas de la perte d'équipage qu'on lui apprend, car tout au plus les tirailleurs qui l'accompagnaient lui ont infligé quelques dégâts, mais parce que sa ténacité a été brisée par l'attaque imparable. Selon une description de la bataille : l'ennemi a été jeté à la baïonnette - c'est ainsi qu'on l'entend habituellement : Il a été menacé à la baïonnette et a trouvé que c'était un bon moyen d'échapper à cette menace. "Sur cent cas" - dit un général très expérimenté, le duc Eugène de Württemberg - "neuf et quatre-vingt-dix fois la baïonnette servira plus d'ornement que d'arme de frappe. J'ai connu des attaques réussies dans lesquelles il n'était utilisé que lorsque l'ennemi déjà en fuite, empêché de tourner par des obstacles de terrain, permettait à la fureur du poursuivant d'éclater pleinement. - "Le combat est plus la mort du courage que la mort des combattants". Il est rare qu'une troupe ait perdu tant d'hommes au combat qu'elle soit devenue trop peu nombreuse pour faire plus. Un bataillon qui est réduit de 600 à 400 hommes n'est pas si faible en effectif qu'il doive être retiré de la ligne. Mais l'expérience nous apprend que même les bonnes troupes, lorsqu'elles ont perdu un sixième à un quart de leur effectif, sont si brisées dans leur courage et leur résistance qu'elles ne comptent guère pour le moment.
Ainsi s'exprimait le joueur de cor du bataillon hanovrien de Brême, lourdement battu, qui, le 18 juin 1815, après avoir combattu impeccablement pendant trois jours consécutifs à la rencontre de Quatre-Bras, dans les retraites écrasantes du 17 et pendant plusieurs heures dans la bataille de Waterloo jusqu'à son apogée, avec les mots suivants à son proche officier : "Mon lieutenant, maintenant je ne peux plus le supporter", s'est enfui de la ligne de bataille. Quiconque est fatigué par une fatigue excessive ou par une excitation mentale excessive ne se sent guère enclin à des actes héroïques.

Si nous brossons le tableau d'une attaque infructueuse, il en va de même pour ce qui suit : Dès que les impressions du feu ennemi sur le bataillon qui avance deviennent trop fortes, les pas, jusque-là effrontés, commencent à se raccourcir ; une certaine timidité s'empare de la Tête, qui est probablement repoussée dans un premier temps par les pelotons arrière, qui ne souffrent pas tant du feu, jusqu'à ce qu'elle s'arrête enfin complètement. Avec un mot d'encouragement du commandant, de nombreuses attaques sont encore en cours, mais lorsque les gens commencent à tirer sans commandement, tout espoir est perdu. Même avec des troupes bien disciplinées, ce feu incontrôlé est fréquent ; l'homme ne peut plus, sans se venger, voir ses camarades tomber à ses côtés, et il cherche instinctivement l'antidote pour répondre par son feu. L'exemple est la prise de feu immédiate ; un feu de corvée se développe, et avec lui la colonne s'arrête irrévocablement ; naturellement à un champ de tir efficace, de sorte que les pertes sont instantanément importantes. Après quelques minutes, la colonne fait demi-tour sans commandement et revient en courant - même les meilleures troupes - aussi vite que leurs pieds les porteront. Quand un rapport dit : le bataillon a dû battre en retraite et s'est retiré en ordre complet - cela doit seulement être compris comme signifiant que dès que le bataillon a manqué de tirs efficaces, il s'est rassemblé et s'est ordonné à nouveau à l'appel des officiers. Dans un tel cas, les mauvaises troupes ne peuvent être réunies qu'en partie, et généralement beaucoup plus en arrière.

Le lien intermédiaire entre les deux extrêmes est formé par les attaques à mi-chemin réussies, qui s'approchent du champ de tir effectif et dégénèrent ensuite en un combat à distance, par lequel les deux troupes sont généralement dissoutes. Ainsi, exactement un mois après la bataille de Göhrde, lors de la bataille de Möckern, la brigade Steinmetz et l'infanterie qui lui faisait face se trouvèrent dans un état où les deux parties étaient incapables de prendre une décision ; de sorte que seuls les hussards du Major v. Sohr purent faire basculer le chariot sur le côté. (emporter la décision)

Empêcher les tirs prématurés. (page 115)
[à la bataille de Göhrde le 16 septembre 1813]
Le général Lyon n'avait pas fait charger les fusils de son infanterie avant l'attaque. Cela permet au moins d'éviter la falaise, que les troupes soient arrêtées dans leur progression par des tirs involontaires ; mais même cette mesure s'est avérée insuffisante, le Bataillon Langrehr s'est néanmoins arrêté et a tiré. Il est certain, cependant, qu'une troupe qui doit d'abord charger ses fusils est moins facilement séduite pour tomber dans cette erreur que si une légère pression de l'index suffit à donner à la poitrine opprimée le sentiment soulageant de la vengeance sur l'ennemi. C'est ce même sentiment par lequel le cavalier attaquant donne involontairement à son doigt la liberté de raccourcir le rythme rapide du cheval dès que son courage tombe en dessous du niveau de danger croissant.

Des combats de tirailleurs. (Note à la page 169)
Lorsque des lignes de tireurs se font face, se tirent dessus en avant, et qu'il n'y a ni attaque directe ni flanc, le cours fini de la ligne de tir tend à être qu'une pièce ne supporte plus les pertes et semble dégager volontairement le terrain. Avec chaque blessé de plus, avec chaque balle qui passe - car cela aussi fait son effet - une partie du courage apporté s'effrite jusqu'à ce qu'il soit finalement insuffisant pour résister à nouveau. Celui dont le cœur s'émousse d'abord, s'enfuit - peut-être inconsciemment à lui-même - de là. Le nombre de ces disparus est de plus en plus important ; au début, les officiers se retiennent encore, mais bientôt ils constatent que malgré tous leurs efforts, la ligne s'est amincie ; les officiers individuels sentent, ou plutôt estiment, qu'une résistance plus longue n'est pas possible ; ils suivent leurs hommes, et les derniers courageux partent après que leur nombre soit si réduit que leur séjour prolongé devient inutile. Il serait trompeur de penser que ce dégagement de la position est volontaire ; la contrainte morale qui réside dans le feu ennemi en est le motif. Les dernières personnes sont généralement ramenées par une attaque ennemie, qui n'est plus dissuadée par leur faible résistance ; mais cette attaque n'est pas la véritable cause de la perte de la position.

Dans un tel déroulement de la bataille de tirailleurs, dans laquelle l'ennemi est chassé de sa position, l’attaquant a naturellement intérêt à rendre son tir plus décisif en l'imposant ; mais un simple ordre ne permet généralement pas d'obtenir ce que le commandant veut obtenir. Dès qu'on s'approche au point que l'effet du feu ennemi a une certaine intensité, les tirailleurs individuels restent seuls et cherchent à se mettre à l'abri ; l'impression morale prend le dessus sur le prestige du commandement. L'appel du signal sonore à l'avance a un effet encourageant, et donne au tirailleur individuel la certitude rassurante que toute la ligne, qu'il ne peut pas négliger, avance avec lui ; mais il ne faut pas s'attendre à un respect immédiat du signal. Cependant, au lieu de la simple avance à découvert, il y a généralement une occasion pendant la bataille d'approcher la ligne de tirailleurs de l'ennemi avec moins de pertes. Le terrain a tendance à offrir par endroits des moyens de protection derrière lesquels les gens peuvent se faufiler individuellement ou en groupe, couverts, de sorte qu'après un certain temps, toute la ligne est avancée par rapport à sa première installation. Si cette avancée furtive offre l'occasion d'entrer dans le flanc de l'ennemi, le tir d'enfilade force immédiatement sa ligne à battre en retraite ; car il faut parfois une rare fermeté pour supporter une telle étreinte.

Le moyen le plus rapide de chasser l'ennemi de sa position est que la ligne le pénètre en ligne droite, en faisant une attaque de tirailleur comme les attaques à la baïonnette des divisions fermées. Bien qu'il soit rare de voir l'arme nue en usage réel même lorsque l'infanterie est fermée, dans une bataille dispersée cela n'arrive presque jamais, et même alors seulement sporadiquement. On impressionne l'adversaire par le courage dont on fait preuve dans une attaque ouverte ; le hourra, comme le rugissement que l'on cherche à produire par des signaux de corne et de tambour, augmente l'impression sur les sens et l'imagination de l'adversaire, le sentiment devient plus puissant que la pensée, et il cède simplement par souci des dommages qu'il pourrait subir. Le sentiment humain de conscience de soi ne peut pas être séparé de l'homme, et dans des troupes dispersées, la discipline ne peut les paralyser comme dans des troupes fermées. - Mais le succès d'une tentative de tirailleur exige une prépondérance décisive de la force morale ; lorsque celle-ci n'est pas suffisante, le premier cas décrit se produit dès que : les personnes restent et cherchent à se mettre à l'abri. La ligne ennemie fixe peut, avec une volonté sérieuse, contrecarrer une telle tentative par son feu, et on ne la trouve pas assez souvent.  Un tireur qui est dans le feu depuis longtemps devient si familier avec l'idée de la couverture qu'il a trouvé qu'il est difficile de le persuader de quitter la protection et de continuer l'attaque. Les divisions fraîches amenées pour le soutien sont moins facilement séduites par la protection offerte et, dans une telle situation, offrent les moyens de faire un bond en avant. Mais l'impulsion la plus forte pour les tirailleurs est une attaque des divisions fermées. Même s'ils ne sont pas favorisés par les circonstances et ont peu de chances d'effectuer la poussée complètement, ils entraînent toujours leurs propres tireur avec eux et impressionnent l'ennemi. Sinon, une attaque manquée de la colonne aura tendance à faire une telle impression défavorable sur les tireurs d'élite qui l'accompagnent que, au lieu de rester au point qu'ils ont atteint, ils se laisseront emporter par la retraite sans raison physique.

Des trois différentes façons dont l'effet du combat de tirailleurs s'exprime selon les explications ci-dessus - jeter l'adversaire hors de sa position par une approche en ligne droite ; manœuvrer en se faufilant ou en gagnant les flancs ; et tirer - seule la dernière fait un mal immédiat à l'ennemi, et pourtant elle s'avère plus longue et moins réussie que les deux premières par leurs impressions morales plus fortes. Ces trois types tendent cependant à se combiner entre eux ; et comme les tirailleurs de la partie, dont la position générale est défensive, ne peuvent dans peu de cas tenir leur position à long terme sans également procéder activement, il en résulte des échanges de tirs fluctuants et durables, auxquels l'intervention de forces fermées ici et là tente de donner une solution.

Attaques de la cavalerie. (Note à la page 96)
Il n'arrive pas que la cavalerie fermée en pleine course pousse les chevaux dans les baïonnettes, mais, juste avant qu'il y ait un arrêt instantané, chaque cavalier voit rapidement son avantage en essayant de blesser un adversaire, en utilisant un petit écart, un petit désordre, sans même craindre un coup de baïonnette pour que son cheval pénètre. Si plusieurs d'entre eux réussissent, la victoire est dans la plupart des cas décidée ; car les masses suivent immédiatement, et les chevaux écartent les hommes. Le fait qu'une telle attaque coûte plus ou moins d'hommes dépend du hasard, c'est-à-dire de la distance à laquelle l'infanterie tire son feu ; les volées font le plus d'effet sur la cavalerie. - Une attaque manquée ne va généralement pas jusqu'aux baïonnettes ; le tempo ralentit d'avance, les individus retiennent leurs chevaux, les membres sont nombreux, bientôt la confusion et enfin un essaim qui tourne en arrière. De telles attaques coûtent toujours beaucoup d’hommes car ils doivent rester exposés au feu plus longtemps.
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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Apa » Ven Fév 14, 2020 1:03 pm

Je suis depuis longtemps convaincu que les tirailleurs sont une composante très importante du jeu Ier Empire (et d’autres périodes). On voit sur nos tables que l'on en fait un usage intensif.
Et pas seulement pour les Français. Toutes les armées en ont. Le nombre ou la qualité peuvent varier mais il est idiot d’imaginer que des Autrichiens ou des Prussiens vont rester raides comme des nouilles pas cuites devant un bois alors qu’il importe de l’occuper. Ils sont capables, comme n’importe qui d’y envoyer des hommes en ordre dispersé pour l’occuper ou le disputer.

Comme je ne joue pas une règle aussi précise que S&B, notre représentation n’est certainement pas la même. Elle est plutôt « stylisée ». Nos « unités » de tirailleurs représentent plutôt des écrans tirés de plusieurs bataillons et qui masquent généralement la marche de nos brigades.

J’en avais une fois discuté avec Fred Tizizus qui disait ne pas vouloir remplir le rôle d’un chef de bataillon lorsqu’il jouait une grande bataille. Je comprends ce point de vue, d’autant que Fred joue généralement à l’échelle 1 unité = 1 brigade, mais il me semble que c’est malheureusement très limitatif, vu leur importance tactique.

Je n’ai jamais entendu personne dire qu’il en avait marre de jouer des Ps à DBM ou des Li à AdG, par exemple. Or le rôle des troupes légères antiques et médiévales, sans être négligeable, avait certainement moins d’impact que celui des tirailleurs pendant les guerres de la Révolution ou de l’Empire.

En revanche je suis surpris par :
c'était les fusiliers (et autres chasseurs) qui étaient envoyés en tirailleurs devant les unités au début de la bataille (les pelotons d'élite étant là en soutien).
On parle bien de la période impériale, avec les voltigeurs ?
Je peux comprendre qu’on souhaite garder les grenadiers/carabiniers en réserve, mais pourquoi créer des compagnies de voltigeurs si c’est pour les laisser en arrière lorsque ça tiraille ? C’est étonnant.

Pour terminer, je dirais que le rôle des « tirailleurs » est aussi très important sur les champs de bataille « d’autres époques ». Je planche actuellement sur une règle XVIe-XVIIe siècle et je ne peux m’empêcher de dire qu’il est tout à fait dommage que les règles actuelles comme Tercios ou autres, négligent complètement les formations et les détachements de tireurs/tirailleurs dans ces combats. Mais bon, ce n’est pas le lieu pour en parler, donc je m’arrête là.

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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Ven Fév 14, 2020 11:00 pm

Apa a écrit :En revanche je suis surpris par :
c'était les fusiliers (et autres chasseurs) qui étaient envoyés en tirailleurs devant les unités au début de la bataille (les pelotons d'élite étant là en soutien).
On parle bien de la période impériale, avec les voltigeurs ?
Je peux comprendre qu’on souhaite garder les grenadiers/carabiniers en réserve, mais pourquoi créer des compagnies de voltigeurs si c’est pour les laisser en arrière lorsque ça tiraille ? C’est étonnant.
Alors, oui, c'est une découverte que j'ai faite au fil de mes lectures : les voltigeurs et autres soldats spécialisés (chasseurs avant la création des voltigeurs, enfants perdus, piquets) étaient envoyés loin devant leur groupement d'unités (régiment, brigade, division, voire armée) MAIS, dès que les unités en ordre serré arrivaient sur le champ de bataille, ces « spécialistes » étaient ménagés !
Si on réfléchit un peu c'est compréhensible, c'est comme dans les entreprises, l'expertise s'acquiert par l'expérience, il faut donc du temps et de l'argent pour former un spécialiste aguerri, celui-ci ne sera donc pas utilisé dans des actions de masse.
Les combats de tirailleurs qui ont lieu une fois que la bataille est formée sont, en fait, des combats de masse, des combats d'unité en ordre « dilué » ! La ligne de tirailleurs étant alimentée par les unités en ordre serré, même si leurs soldats ne sont pas censés connaître le combat en tirailleurs !
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Message par Apa » Sam Fév 15, 2020 6:33 am

Eh bien je ne te remercie pas, Thierry.
Est-ce que pour une fois tu ne pouvais pas nous laisser tranquilles dans notre caverne ?

Parce que maintenant, faudrait que je rabote les plumets, épaulettes et sabres de plusieurs dizaines de voltigeurs et carabiniers postés sur mes socles de tirailleurs ! C'est malin ! :D

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Re: Silex & Baïonnette : simuler les combats de 1700 à 1840

Message par Thierry Melchior » Sam Fév 15, 2020 7:51 am

:lol: :wink:

Bon, je suis désolé, Franck, mais tu ne seras pas le seul. :)

Amis lecteurs,
Ce qui précède est valable pour toutes les nations à partir d'un certain moment, par exemple il est écrit dans le règlement russe de 1810 que les sections d'élite (pelotons de grenadiers et de tirailleurs) doivent soutenir la chaîne de tirailleurs formée par les soldats sur le champ de bataille ; de même pour les Anglais qui (si j'ai bien compris des échanges sur TMP) envoyaient les légers réunis (avec les Rifles) devant au début des batailles pour contrer et repousser les voltigeurs !, et qui formaient les bataillons en ligne en « open order » pour combattre de près les unités françaises en ordre serré.
Open order : les files donc les soldats s'écartent de 6 pouces (si je me souviens bien) et les rangs augmentent leur écart, cette formation donne de l'espace, donc de l'aisance aux soldats pour tirer mais ne leur permet pas de se cacher derrière les obstacles (buissons, sillons de labour, etc.) comme le font les légers en tirailleurs.
Les Prussiens ont aussi vécu ces changements.

Je pense que je ne t'ai rien appris, Franck. 8)

Il est intéressant de lire les récits des conflits postérieurs comme ceux du Second Empire par exemple où l'on voit l'infanterie adopter naturellement cette formation épaisse de tirailleurs au fur et à mesure que les troupes avancent vers l'ennemi : ligne de tirailleurs diluée alimentée petit à petit par les unités en ordre serré jusqu'à ce que celles-ci soient entièrement en « tirailleurs » et qu'elles chargent alors l'ennemi avec succès… ou non !

Et tout ceci n'est pas évident à rendre en termes de règles… :|
S&B : règle de simulation pour les combats de 1700 à 1825
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