12-05-1926 : Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie.

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jacknap1948
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12-05-1926 : Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie.

Messagepar jacknap1948 » Sam Mai 12, 2018 7:54 am

12 mai 1926 : Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie.


Le 12 mai 1926, à Varsovie, le maréchal Joszef Pilsudski (59 ans) renverse le gouvernement démocratique de la jeune Pologne, trop instable à son goût.

Cumulant les fonctions de chef de l'État, de Premier ministre et de ministre de la Guerre, il établit son pouvoir personnel jusqu'à sa mort, neuf ans plus tard, le 12 mai 1935.

André Larané.


Héros national.

Joszef Pilsudski, issu de la noblesse lituanienne, a commandé une brigade polonaise au sein de l'armée austro-hongroise au début de la Grande Guerre.

Image

Après avoir combattu les Russes, il a pris le parti des Alliés, favorables à la renaissance d'une Pologne indépendante, plus d'un siècle après son dépeçage par la Russie, l'Autriche et la Prusse.

Interné par les Autrichiens à Magdebourg, Pilsudski est libéré après la défaite des puissances centrales, ce qui lui permet de proclamer la République à Varsovie le 11 novembre 1918.

Il se voit lui-même confirmé dans les fonctions de chef de l'État par la Diète constituante.

Il devient immensément populaire lorsqu'il repousse l'Armée rouge, aux portes de Varsovie, du 12 au 16 août 1920.

Ce «miracle de la Vistule» sauve la nouvelle Pologne...

Notons que, dans leur combat contre les Russes, les Polonais ont bénéficié de l'aide d'une «mission militaire française» de quelques dizaines d'officiers commandée par le général Maxime Weygand et dont fait partie le capitaine Charles de Gaulle.

Ces officiers compétents ont réorganisé l'armée polonaise et lui ont permis de reprendre l'offensive.

Le 18 mars 1921, le traité de Riga (Lettonie) signé avec les représentants du gouvernement bolchevique reporte loin vers l'Est la frontière orientale de la Pologne avec la Russie bolchevique.

En apparence, le traité a tout lieu de satisfaire les Polonais.

Dans les faits, il installe le nouvel État dans des frontières difficiles à défendre et presque trop larges pour lui.


Le retour.

Après une demi-retraite de trois ans dans sa propriété campagnarde, Pilsudski revient au gouvernement avec les pleins pouvoirs.

Il conserve à son pays les apparences d'une démocratie parlementaire mais gouverne de façon autoritaire.

Son coup d'État met fin aux lois de discrimination contre les juifs, ces derniers représentant un dixième de la population nationale.

Pilsudski n'arrive pas pour autant à éradiquer un vieux fond d'antisémitisme qui perdure dans les milieux cléricaux et universitaires.

L'accès des juifs demeure soumis à un numerus clausus.

En politique étrangère, Pilsudski songe à un rapprochement des peuples polonais, ukrainien, lituanien et biélorusse pour contrer les menaces soviétiques et allemandes.

Conscient des dangers du nazisme, il plaide même en faveur d'une guerre préventive contre l'Allemagne hitlérienne...

Mais devant la mollesse des puissances occidentales et à l'instigation de son ministre des affaires étrangères, le colonel Joszef Beck, il se résout à signer un traité de non-agression pour dix ans avec son menaçant voisin de l'ouest le 26 janvier 1934.

Symétriquement, il signe aussi un traité de non-agression avec l'Union soviétique en 1932 et le reconduit en 1934.


Épilogue.

Après la mort de Pilsudski (12 mai 1935), le pouvoir revient à des colonels proches du vieux maréchal.

De mai 1936 à à l'invasion allemande, en septembre 1939, cette «République des colonels» est dirigée par le général Felician Slawoj Skladkowski.

Elle doit compter avec les Endeks, militants nationaux-démocrates de l'Endecja.

Sous la pression de ces derniers, la Pologne s'oriente dans une voie franchement nationaliste et même antisémite avec un slogan favori : «Pas de place pour les Juifs en Pologne !»

Précisons que le pays compte alors 3,2 millions de juifs sur 32 millions d'habitants.

Ils sont d'autant plus haïs qu'ils vivent pour la plupart en ville et sont nombreux dans le commerce et les fonctions d'encadrement.

Ces juifs sont accablés de taxes et chassés de diverses professions au nom d'une politique de «polonisation».

Leurs commerces sont également boycottés et ils sont victimes de pogroms récurrents.

Celui du 9 mars 1936, dans la petite ville de Przytyk, suscite une vive émotion.

Il débouche sur une grève générale de protestation le 17 mars suivant.

Les affaires étrangères restent le domaine réservé du colonel Beck.

Celui-ci se détourne de la France qui, semble-t-il, depuis le voyage de Pierre Laval à Moscou, voudrait pousser la Pologne à se placer sous la «protection» de l'URSS.

Beck ne va cependant avoir de cesse de flirter avec ses puissants voisins, l'Allemagne et l'URSS, jusqu'à l'issue fatale.


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