03-08-1914 : Berlin déclare la guerre à la France.

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jacknap1948
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03-08-1914 : Berlin déclare la guerre à la France.

Messagepar jacknap1948 » Ven Août 03, 2018 6:38 am

3 août 1914 : Berlin déclare la guerre à la France.


Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France.

En guerre depuis deux jours déjà contre la Russie, elle veut prévenir une attaque conjointe de la Russie et de la France contre son territoire et met en oeuvre sans attendre le plan ébauché vingt ans plus tôt par un officier d'état-major (le plan Schlieffen).

André Larané.


Fatal enchaînement.

Quelques folles journées de surenchères diplomatiques et militaires vont ainsi entraîner les pays les plus civilisés et les plus prospères de la planète dans un suicidaire conflit de quatre longues années, justement nommé la Grande Guerre.

– 3 août : l'Allemagne déclare la guerre à la France

Considérant que l'avantage appartient à celui qui dégaine le premier, l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Elle envahit sans attendre le Luxembourg et lance un ultimatum à la Belgique, exigeant le passage de ses troupes sur son sol.


Le plan Schlieffen.

En attaquant la Russie, puis la France aussitôt après, l'Allemagne ne fait qu'appliquer le plan Schlieffen, du nom d'un général d'état-major prussien, le comte Alfred von Schlieffen, mort dix-huit mois plus tôt.

Cet officier devenu chef du grand état-major allemand avait ébauché dès 1894 un plan pour permettre à l'Allemagne de combattre à la fois sur le front russe et sur le front occidental.

C'était juste après la signature de l'alliance franco-russe qui menaçait son pays d'encerclement.

Pour Von Schlieffen,la Russie avait l'avantage du nombre mais était handicapée par son étendue et l'insuffisance de ses infrastructures de transport.

En cas de conflit, elle serait très lente à se mobiliser, du coup, le stratège allemand préconisait une attaque immédiate et brutale contre la France.

Il s'agissait de la mettre hors d'état de nuire en quelques semaines, comme dans la guerre franco-prussienne de 1870, et ensuite seulement, de se retourner contre la Russie.

Il était vraisemblable que les Français porteraient leur effort sur les frontières du Nord-Est, sur les Ardennes et les Vosges, et qu'il serait difficile aux Allemands de forcer ces frontières, relativement bien protégées par les montagnes et les fortifications...

Pour contourner l'obstacle, le comte von Schlieffen s'inspira de la stratégie d'enveloppement inaugurée par... Hannibal à Cannes en 216 avant JC.

Il préconisa un pivotement des armées autour des Ardennes, avec une offensive principale à travers la Belgique.

Prises à revers, les troupes ennemies seraient amenées à bifurquer vers la plaine du Nord et il serait alors aisé de les écraser ou de les refouler vers la Suisse.

À l'instant de mourir, le 4 janvier 1913, on dit que von Schlieffen eut encore la force de recommander à son successeur à la tête de l'état-major, Ludwig von Moltke : «Renforcez l'aile droite !»

Le chef d'état-major allemand, Ludwig von Moltke (66 ans), est le neveu du grand Helmut von Moltke, autre chef d'état-major à l'origine des victoires de la Prusse sur l'Autriche et la France, à Sadowa et Sedan.

Il applique le plan Schlieffen mais, à l'heure décisive, il va l'édulcorer, n'ayant pas l'audace de ses prédécesseurs.

C'est ainsi qu'au lieu de jouer le tout pour le tout dans l'attaque de l'aile droite sur la Belgique, von Moltke choisit de maintenir par précaution deux armées en Alsace...

Ces deux armées feront cruellement défaut un mois plus tard, lorsque les Français lanceront sur la Marne la contre-offensive de la dernière chance.

Mais ce n'est pas le seul dérapage qui va affecter les Allemands, en ébauchant son plan, von Schlieffen a négligé le fait qu'il impliquait l'invasion d'un petit pays neutre, la Belgique...


– 4 août : l'Angleterre en guerre

Les dirigeants allemands ne se soucient pas de la Belgique. Le chancelier Bethmann-Hollweg qualifie de «chiffon de papier» le protocole de 1831 qui garantit la neutralité belge tandis que ses troupes entrent en force en Belgique.

Or l'Angleterre, qui s'était jusque là tenue à l'écart et considérait n'avoir rien à faire d'un conflit entre continentaux, ne tolère pas l'invasion d'un pays auquel la lient d'étroites relations politiques et économiques.

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Le jour même, l'Angleterre déclare donc à son tour la guerre à l'Allemagne.

C'est une amère surprise pour l'empereur d'Allemagne, petit-fils de la défunte reine Victoria, qui avait espéré que Londres resterait à l'écart du conflit.


Exactions allemandes.

Dans les premières semaines de la guerre, en Belgique comme dans le nord de la France, les troupes allemandes se signalent par de brutales et massives exactions à l'encontre des civils : exécutions sommaires, viols, rapines...

Elles se soldent par la mort de 600 civils sans compter l'incendie de la cathédrale et de la bibliothèque de Louvain.

Ces exactions sont commises sur ordre de la hiérarchie militaire, qui conserve le souvenir des francs-tireurs de la guerre franco-prussienne de 1870 !

Dès avant l'invasion, les troupes ont été préparées à faire face à ce danger qui, dans les faits, s'avèrera inexistant.

Les crimes inqualifiables qui en résulteront vont à leur tour se graver dans la mémoire des Belges et des habitants du nord de la France.

Lorsque, 26 ans plus tard, la Wehrmacht envahira à nouveau leur pays, ils s'enfuieront vers le sud, poussant devant eux les autres populations dans un exode sans issue.


– 14-24 août : la bataille des frontières

Les Français imaginent comme les Allemands une guerre fulgurante et croient encore aux vertus de la cavalerie.

Le commandant en chef des armées du nord et de l'est, le bedonnant Joseph Joffre, promu en 1911 grâce à son appartenance maçonnique et à son anticléricalisme bien plus qu'à ses vertus de stratège, applique sans barguigner le plan XVII, concocté en 1913, qui prévoit une offensive dans les Ardennes et en Lorraine.

Il est pris de court par l'offensive allemande en Belgique.

Conformément au plan Schlieffen, les armées françaises et leurs alliés de circonstance, les Belges puis les Anglais, à pied d'oeuvre dès le 21 août, reculent sur tous les fronts.

Les combats, à l'ancienne, avec charges à la baïonnette, en uniformes de couleur, képis et pantalons garance (rouge), se soldent par des pertes monstrueuses face à un ennemi qui, déjà, utilise massivement les mitrailleuses (200.000 hommes tués, blessés ou capturés en trois semaines).

Défait dans cette «bataille des frontières» (14-24 août) faute d'avoir su anticiper les intentions ennemies, Joffre organise toutefois une retraite générale en bon ordre...

Le spectre d'une défaite totale, comme en 1870, se profile mais les troupes vont montrer qu'elles ont du ressort.

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