14-08-1844 : Bataille de l'Isly.

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jacknap1948
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14-08-1844 : Bataille de l'Isly.

Message par jacknap1948 » Mar Août 14, 2018 8:01 am

14 août 1844 : Bataille de l'Isly et fin de la conquête de l'Algérie.


Le 14 août 1844, les troupes marocaines, alliées de l'émir Abd el-Kader, sont surprises par le général Thomas Bugeaud sur l'oued Isly, non loin de la frontière algéro-marocaine.

Les 11.000 soldats français mettent en déroute les 60.000 cavaliers marocains.

Cette bataille est le point d'orgue de la guerre menée par les Français en Algérie depuis leur débarquement près d'Alger, en 1830.

Elle sonne le glas de la lutte conduite par Abd el-Kader mais celui-ci et beaucoup d'autres de ses concitoyens résisteront encore plusieurs années à l'occupant avant de faire leur reddition.

Joseph Savès

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Bugeaud reçoit la reddition des Marocains à l'Isly, par Horace Vernet (musée de Versailles)


Une Vendée musulmane

Le 10 septembre 1844, par le traité de Tanger, le Maroc lâche Abd el-Kader et entérine le tracé de sa frontière avec l'Algérie.

Les habitants de l'Algérie ne s'avouent pas vaincus pour autant.

Dans le massif du Dahra, à l'est de Mostaganem et d'Oran, les paysans se soulèvent à l'appel d'un Berbère surnommé «Bou Maza» (l'homme à la chèvre).

La réaction de l'armée française ne se fait pas attendre. Des «colonnes infernales» ravagent la contrée. Les chefs de la résistance se rendent les uns après les autres.

Abd el-Kader lui-même, épuisé et isolé, se rend le 23 décembre 1847 aux généraux de Lamoricière et Cavaignac. Sa reddition ne met pas totalement fin aux hostilités.

Une résistance sporadique va perdurer pendant encore une dizaine d'années avant que l'Algérie, exsangue, ne soit occupée dans sa totalité par l'armée française.

La conquête de l'Algérie, seule guerre notable du règne somme toute pacifique de Louis-Philippe 1°, aura en définitive mobilisé jusqu'à 93.000 soldats.

C'était beaucoup pour soumettre une population rurale et pauvre d'à peine 3 millions d'individus (la France comptait à la même époque 36 millions d'habitants).

Le général Bugeaud s'en explique en qualifiant l'Algérie de «Vendée musulmane», avec la même résistance... et la même répression que dans la véritable Vendée catholique !

Lui-même reçoit son bâton de maréchal pour ses faits de gloire en Algérie. Il est fait duc d'Isly par le roi et il ne lui est pas tenu rigueur des nombreux crimes de guerre commis sous son commandement contre les civils algériens.


Odieuses «enfumades»

À Paris, dans la rue comme à la Chambre des Pairs, on s'indigne lorsqu'on apprend que des centaines de malheureux de la tribu des Ouled Riah ont péri le 19 juin 1845 dans l'«enfumade» des grottes du Dahra, à l'initiative du colonel Pélissier.

Le général Bugeaud, interpellé, assume la responsabilité de ce crime de guerre en faisant valoir qu'il était justifié par la conduite des opérations : le colonel avait proposé une reddition honorable aux combattants et à leurs familles qui s'étaient réfugiés dans les grottes.

Devant leur refus, et considérant qu'il ne pouvait prendre le risque de les laisser aller, il avait enfumé les grottes en espérant de la sorte les en faire sortir. Las, hommes, femmes et enfants étaient morts, presque tous asphyxiés.

Les chroniques militaires relatent selon l'historien Daniel Lefeuvre deux ou trois autres faits semblables.


Début de la colonisation

Dans l'Algérie enfin soumise, les colons commencent à s'implanter en grand nombre. L'administration du pays a été confiée dès 1833 aux bureaux des Affaires arabes.

Ces bureaux militaires prennent en charge les intérêts des indigènes et défendent tant bien que mal leurs droits et leurs propriétés.

Mais au fil du temps, leurs efforts se heurtent à la volonté des gouvernements de transformer l'Algérie en une colonie de peuplement.

C'est ainsi que l'État ou l'armée enlèvent des terres aux indigènes, construisent à leurs frais des villages entièrement équipés avant de les remettre clés en main à des soldats en voie de démobilisation ou à des groupes de pauvres colons en provenance de la France de l'intérieur, de Malte, d'Italie ou encore d'Espagne.

Les pouvoirs publics constituent aussi de vastes domaines et les confient à des bourgeois venus de France, ces derniers employant sur leurs terres comme fermiers les indigènes musulmans qui en étaient auparavant les propriétaires.

Les immigrants européens sont appelés roumis (roumias pour les femmes) par les indigènes, d'un mot arabe qui désigne traditionnellement les chrétiens d'Occident, descendants des Romains (ils seront beaucoup plus tard qualifiés de Pieds-noirs par leur coreligionnaires de la métropole).


Espoirs et faillite de l'intégration politique

En rupture avec les régimes précédents, l'empereur Napoléon III tente de transformer le territoire algérien en un «royaume arabe» associé à la France et dont il serait lui-même le souverain.

Dans une lettre du 6 février 1863, il proclame que «l'Algérie n'est pas une colonie proprement dite mais un royaume arabe».

Au grand scandale des colons et des militaires, il en appelle à l'égalité complète entre Européens et indigènes, au moins dans la gestion des affaires locales.

Par ailleurs, un sénatus-consulte (une loi) en date du 14 juillet 1865 permet aux musulmans d'acquérir la citoyenneté française mais à la condition de renoncer à titre individuel au statut coranique et d'accepter le droit civil français.

La chute de l'Empire, en 1870, va ruiner le projet de Napoléon III et creuser le fossé entre indigènes et colons.


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