19-02-1811 : Bataille de Gebora (Espagne).

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jacknap1948
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19-02-1811 : Bataille de Gebora (Espagne).

Message par jacknap1948 » Lun Fév 19, 2024 8:57 am

19-02-1811 : Bataille de Gebora (Espagne).



La bataille de Gebora est une affrontement mineur de la guerre d'indépendance espagnole, opposant les armées espagnoles et françaises.

Elle se déroula le 19 février 1811 près de Badajoz, en Espagne, et vit l'armée espagnole d'Estrémadure mise en déroute par une force française en infériorité numérique.

Afin d'appuyer l'action du maréchal Masséna au Portugal, dont les troupes piétinaient devant les lignes défensives de Torres Vedras, en avant de Lisbonne, le maréchal Soult, avec un contingent de l'armée du Midi, quitta l'Andalousie et vint mettre le siège devant l'importante forteresse de Badajoz.

Pour contrer cette menace, le général britannique Wellington et son allié espagnol le marquis de La Romana décidèrent d'envoyer une armée espagnole à la rencontre des Français.

La Romana mourut peu après et ce fut le général Gabriel de Mendizábal qui fut chargé de diriger l'expédition.

Accompagnés par un détachement de cavalerie portugaise, les Espagnols arrivèrent en vue de Badajoz au début du mois de février 1811 et campèrent sur les hauteurs voisines de San Cristóbal.


Déroulement de la bataille :

La pluie s'apaisa enfin durant la nuit du 18 février et la Gebora était à nouveau guéable.

Dans la soirée, Soult dirigea neuf bataillons d'infanterie, trois escadrons de cavalerie et deux batteries d'artillerie, le tout sous le commandement de Mortier, traverser un pont enjambant la Guadiana à partir de la rive nord.

Rejoint par les six régiments de cavalerie du général Latour-Maubourg, le maréchal avait sous ordres 4.500 fantassins, 2.500 cavaliers et 12 canons prêts à attaquer les lignes adverses à l'aube du 19 février.

Profitant d'un épais brouillard matinal, les Français traversèrent la Gebora, repoussèrent les avant-postes espagnols et s'avancèrent à moins de deux kilomètres de leurs lignes sans être repérés. Simultanément, le 2° régiment de hussards, chargé par Latour-Maubourg de contourner le flanc gauche de Mendizábal, gravit discrètement les hauteurs au nord et tomba par surprise sur les unités sans méfiance de Charles d'Espagne.

Mortier démontra lors de cet affrontement ses capacités tactiques dans le déploiement de son armée : il envoya toute sa cavalerie vers le nord pour attaquer l'aile gauche espagnole et dirigea trois bataillons au sud, entre le fort San Cristóbal et le flanc droit de Mendizábal, tandis que les six derniers bataillons d'infanterie attaquèrent frontalement la position.

Alors que le brouillard se dissipait, la cavalerie légère du général Briche galopa en direction des hauteurs et se jeta sur l'aile gauche de l'armée espagnole pendant que Latour-Maubourg enleva trois régiments de dragons et chargea les cavaliers hispano-portugais dans les plaines de la Caya.

Malgré leur supériorité numérique, ces derniers restèrent sourds aux appels de leurs officiers et prirent la fuite vers Elvas ou Campo Maior.

Beaucoup d'entre eux réussirent à s'échapper, en grande partie grâce à Latour-Maubourg qui préféra les délaisser pour lancer à la place sa cavalerie contre l'infanterie régulière de Mendizábal.

L'engagement sur l'aile droite espagnole fut plus longuement disputé.

Le brouillard parti, les Espagnols s'étaient en effet rendus compte de l'infériorité numérique de l'armée française et se préparèrent à recevoir l'attaque de leurs adversaires dans la plus grande discipline.

Le duel de mousqueterie entre les deux belligérants venait à peine de s'engager lorsque la cavalerie française fit son apparition.

Pendant que les hussards se rapprochaient le long des crêtes, les dragons de Latour-Maubourg surgirent par l'arrière, ce qui incita Mendizábal à ranger ses troupes en deux immenses carrés divisionnaires soutenus par son artillerie.

Bien qu'ayant initialement réussi à gêner la cavalerie française, ces formations constituèrent une cible de choix pour l'infanterie et l'artillerie de Soult qui, comme le raconte un fantassin espagnol à propos de cette dernière, « s'est amusé avec eux de la manière la plus horrible jusqu'à ce qu'ils deviennent d'abord ovales puis une masse informe que la cavalerie était capable de pénétrer et de faire prisonnier ».

La cavalerie légère de Briche enfonça les deux carrés espagnols sans grande difficulté, action qui décida du sort de la bataille.

Plusieurs régiments espagnols furent dispersés, la plupart furent faits prisonniers tandis que d'autres se frayèrent un chemin ensemble jusqu'à Badajoz ou vers la frontière portugaise.


Conséquences :

La bataille fut un sérieux revers pour les Alliés, Wellington, qui avait prévenu les généraux espagnols que l'armée d'Estrémadure constituait « le dernier corps de troupes de leur pays », écrivit plus tard que « la défaite de Mendizábal constitue un malheur imprévisible, le plus grand qui nous soit arrivé jusque-là ».

L'armée espagnole avait subi des pertes très sévères : environ 1.000 hommes avaient été tués ou blessés et 4.000 faits prisonniers. 17 canons furent également perdus.

Seuls 2.500 soldats parvinrent à se réfugier à l'abri des murs de Badajoz et un nombre légèrement inférieur au Portugal.

Les Français, pour leur part, avaient essuyé des pertes minimes. Soult fit état dans son rapport de 30 morts et 140 blessés, mais ces chiffres furent finalement révisés à environ 400 hommes, dont une forte proportion de cavaliers.

Soult était désormais libre de poursuivre le siège de Badajoz.

Bien que la garnison de la ville eut été portée à 8.000 hommes avec les fuyards de l'armée de Mendizábal, la forteresse tomba finalement au pouvoir des Français le 11 mars 1811.

Wellington envoya alors un important corps anglo-portugais sous les ordres du général Beresford afin de reprendre la ville, et le 20 avril débuta le second siège de Badajoz.

Les Français tentèrent de libérer la forteresse, ce qui aboutit le 16 mai à la sanglante bataille d'Albuera qui vit Beresford repousser avec difficulté l'armée française de Soult en infériorité numérique, mais n'empêcha pas la poursuite du siège.

L'armée du Portugal dirigée par le maréchal Marmont, le successeur de Masséna, s'étant réunie avec l'armée du Midi, les troupes françaises fortes de 60 000 hommes obligèrent Wellington à lever le siège le 20 juin et à retirer ses 44.000 soldats sur Elvas.

Badajoz resta aux mains des Français jusqu'à l'année suivante, date à laquelle les Alliés capturèrent définitivement la ville après une ultime bataille.



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À mon très grand ami Patrice († 58).
À ma petite belle-fille Gaëlle († 31).



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Décor "simpliste" sur lequel nous avions rejoué, à 9 joueurs, la Bataille d'Eylau en 1807.

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